Lutte contre les violences
Najat Vallaud-Belkacem Violences faites aux femmes et Santé

Colloque « Violences faites aux femmes & Santé », le discours de Najat Vallaud-Belkacem

Ce vendredi 14 Mars 2014, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, ouvrait le colloque « Violences faites aux femmes et Santé », organisé avec la MGEN et la Chaire santé de Sciences Po.
Retrouvez ici le reportage de la Mutualité française et ci-desssous le discours d’ouverture de la ministre.


Mesdames et Messieurs, chers amis,

Les violences faites aux femmes sont une priorité de santé publique. Je vous le dis aujourd’hui et Marisol Touraine vous le redira ce soir, mais je crois qu’aucun ministre n’avait prononcé cette phrase dans la clarté avant moi. C’est dire comme nous partons de loin. La reconnaissance même des enjeux est un défi.

L’Organisation Mondiale de la Santé a évalué que les femmes victimes de violences perdent entre 1 et 4 années de vie en bonne santé. Elles touchent une femme sur trois sur la planète. Que faut-il de plus ?

Les risques associés aux violences et les comorbidités ? Elles sont parfaitement bien documentées et vous ne manquerez pas de les rappeler aujourd’hui. Celles qui sont les plus couramment soulignées sont la prématurité des nouveaux nés, l’abus de substance psychoactives, la dépression et les problèmes gynécologiques (le risque est alors multiplié par trois). Que faut-il de plus ?

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Infographie — Lutte contre les violences faites aux femmes

Infographie — Lutte contre les violences faites aux femmes

Infographie — Lutte contre les violences faites aux femmes

Najat Vallaud-Belkacem - Assemblée nationale

Abolition de la prostitution : discours de Najat Vallaud-Belkacem devant l’Assemblée nationale

Retrouvez le discours prononcé par Najat Vallaud-Belkacem à l’occasion du début de l’examen de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel ce vendredi 29 novembre 2013 à l’Assemblée nationale.

Monsieur le Président,
Monsieur le Président de la Commission spéciale,
Madame la Rapporteure,
Mesdames et messieurs les Députés,

Avant qu’un client puisse acheter une prestation sexuelle, quelque part dans l’une de nos rues ou à la lisière de nos bois, il y a des femmes et parfois des hommes qui sont vendus et achetés, échangés, séquestrés, violés et torturés, trompés, rackettés, spoliés, soumis aux pires aux chantages ainsi que leurs familles et leurs enfants, exportés et importés comme n’importe quelle marchandise, animal ou denrée périssable.

Ensuite, seulement, leur vie de prostitués peut commencer : n’oublions pas, n’oubliez pas avant de les considérer comme des prostituées, qui sont ces êtres humains.

Et si vous manquiez de force pour imaginer ces derniers, pensez seulement à ces jeunes femmes africaines dont le réseau de proxénétisme nigérian a été démantelé hier soir en Espagne, des jeunes femmes dont les enfants de 3 ans avaient été séquestrés attachés aux pieds d’un lit depuis plus de 2 ans, pour obliger leurs mères à se prostituer, d’abord vendue au Maroc avant d’être exploitées en Europe, en France.

Pourquoi tant de violence ? Précisément parce que si la prostitution pouvait être exercée sans répugnance et sans souffrance, il serait moins nécessaire d’utiliser de tels moyens.

Que les visages, les corps, et les destins de ces victimes à jamais abîmées ne vous quittent pas : elles sont l’essentiel de la prostitution aujourd’hui, elles sont l’essentiel du système prostitutionnel.

Un système qui brasse 40 milliards de dollars chaque année, qui enrichit d’abord ceux qui vivent de la traite, du crime, du trafic de drogue.

Un système qui n’existerait pas, si à l’autre bout de la chaine, il n’y avait pas quelqu’un pour accepter et pour payer. Lire la suite

Contre les violences, libérons la parole

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes lance une campagne nationale pour libérer la parole face aux violences et orienter les victimes vers les professionnels.
En France, une femme sur dix déclare avoir subi des violences conjugales. La mobilisation de chacune et chacun est donc essentielle : victimes ou témoins, appelez le 3919.

Découvrez les principales mesures du plan de lutte contre les violences faites aux femmes, présentées vendredi 22 novembre 2013.

Découvrez et partagez le lien vers le nouveau site stop-violences-femmes.gouv.fr

Najat Vallaud-Belkacem Intervention à la 2ème conférence mondiale d’INTERPOL sur le trafic d’êtres humains

Intervention de Najat Vallaud-Belkacem à la 2ème conférence mondiale d’INTERPOL sur le trafic d’êtres humains

A Lyon, ce jeudi 14 novembre, Najat Vallaud-Belkacem a ouvert la 2ème Conférence mondiale INTERPOL sur le trafic d’êtres humains. Avec pour objectif l’intensification de la lutte contre toute forme de traite des êtres humains.

Retrouvez ici la vidéo et  texte intégral de l’intervention de la Ministre :

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureuse que cette deuxième conférence d’INTERPOL sur la traite des êtres humains se tienne à Lyon, ma ville. Cette réunion arrive à un moment clé de l’action de notre gouvernement, un moment où nous sommes en train de nous saisir véritablement de la question de la traite dans toutes ses dimensions et avec le plus grand engagement.

Nous sommes en retard. Pourquoi ne pas le dire ? Notre pays n’a pas encore pris la dimension du renouvèlement rapide des réseaux de traite et de la nécessité de repenser nos méthodes d’identification et de protection des victimes.

Nous sommes en train de combler notre retard. Vous le savez peut être une proposition de loi est en préparation au sein de notre Parlement, qui doit permettre de renforcer considérablement la protection des victimes de la traite prostitutionnelle. Je prépare par ailleurs avec les associations les plus concernées un plan du gouvernement contre la traite des humains et dans ce cadre nous sommes attentifs à toutes les formes de traites, particulièrement aux enjeux d’une véritable protection des mineurs qui, souvent parce qu’ils sont contraints par des réseaux, sont également des auteurs de crimes et délits.

Dire que la traite des êtres humains est intolérable ne suffit pas. Il faut se donner les moyens de ne plus la tolérer.

La traite est une violation intolérable des Droits de l’homme, qui voit des millions d’individus – 25 millions selon l’OIT ! – réduits à l’esclavage sexuel ou domestique, au travail forcé, ainsi qu’aux prélèvements d’organes.

Enlevés, déplacés d’un pays à l’autre, contraints à travers des actes inouïs de violence, atteints durablement dans leur dignité. C’est une violation grave des Droits de l’homme dont nous parlons. Et des Droits des femmes, puisque la traite est un crime qui les touche particulièrement. 79% des victimes de la traite dans le monde sont l’objet d’exploitation sexuelle, selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC).

La traite est intolérable aussi, parce qu’elle constitue une menace sérieuse à la sécurité de nos pays, par les financements qu’elle procure aux groupes criminels. Selon l’ONUDC, leurs profits s’élèveraient déjà à 32 milliards de dollars et ne cesseraient de croitre. La réduction à l’esclavage de millions d’individus sert en réalité une ambition criminelle beaucoup plus large, vers la drogue, les armes, le terrorisme… Lire la suite

Najat Vallaud-Belkacem au Colloque "Violences faites aux Femmes : Soins aux victimes, prise en charge des auteurs" à l'Académie Nat. de Médecine - © Razak

Violences aux femmes : mobilisation des professionnels pour soigner les victimes et lutter contre la récidive

Le ministère des droits des femmes a organisé les 2 et 3 septembre 2013 à l’Académie nationale de médecine un colloque intitulé « Violences faites aux femmes : soins aux victimes, prise en charge des auteurs », auquel ont participé des praticiens  du droit, de la santé et de l’aide sociale.

Les échanges réunissant psychiatres, travailleurs sociaux et responsables associatifs ont montré que les deux thèmes du colloque « soins aux victimes, prise en charge des auteurs » se rejoignent :  Il s’agit des réponses apportées aux violences après leur signalement. Ce n’est pas parce que la violence s’arrête qu’il n’y plus rien à faire. Ce n’est pas parce que l’agresseur est éloigné, ou même incarcéré, que le travail est fini. Pour qu’elles aient du sens et qu’elles soient utiles, les réponses apportées à la victime et au coupable, dans ces domaines, doivent être articulées. Une articulation soulignée par le leitmotiv des professionnels qui déclaraient nombreux « soigner les auteurs, c’est prendre soin des victimes ».

Le colloque a permis de mettre en lumière de nombreux de dispositifs qui peuvent améliorer la situation des victimes de violences. Le rôle du médecin est déterminant : c’est le premier interlocuteur des victimes qui décident de mettre les mots sur ce qu’elles vivent. Le mieux à même de détecter les violences. Les deux tiers des médecins considèrent qu’ils ne sont ni formés ni même compétents pour traiter de ce sujet. La formation des médecins est un objectif pris très au sérieux : le 20 novembre prochain, la MIPROF réunira les professions médicales. Najat Vallaud-Belkacem a proposé au Parlement de l’inscrire dans la loi, avec le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Ces soins sont de plus en plus pertinents, de mieux en mieux adaptés. Il s’agit de les diffuser, pour qu’ils soient de plus en plus connus. La psycho-traumatologie apporte désormais des réponses solides. Il faut veiller à ce que l’offre de soin soit à la hauteur des besoins. L’objectif est simple : faire en sorte qu’une victime de violences puisse s’inscrire, rapidement et sans frais, dans un protocole de soins établi selon les règles de l’art. Toutes les victimes sont différentes. Certaines d’entre elles ne souhaitent pas s’inscrire dans un tel protocole. Certaines d’entre elles n’en ont pas besoin. Mais toutes les victimes qui pourraient voir leur état de santé s’améliorer avec une telle prise en charge doivent pouvoir en bénéficier facilement. Cela a d’autant plus de sens qu’une victime qui bénéficie de soins est plus forte pour affronter les étapes de son parcours judiciaire.

Beaucoup de dispositifs fonctionnent déjà, en ordre dispersé, pour la prise en charge des auteurs de violences faites aux femmes. Il faut les regrouper, les animer, les faire travailler ensemble. Ces programmes s’articulent avec le parcours judiciaire de l’agresseur, en cohérence avec la vérité des faits, telles qu’elle est établie par la justice, et avec les décisions d’évictions que le procureur ou le juge ont pu prendre. Ces dispositifs produisent des résultats. C’est pourquoi Najat Vallaud-Belkacem a proposé au Parlement, dans le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, de faire figurer explicitement ces stages spécifiques dans le code de procédure pénale.

Lutter contre les violences faites aux femmes, cela suppose d’abord de mettre les mots sur les actes et d’appliquer la règle, c’est-à-dire de punir les agresseurs. Mais cela suppose aussi d’apporter des réponses individualisées aux victimes pour leur permettre de se donner un nouveau départ et mettre en place des solutions de prévention efficace de la récidive.

A lire aussi :
- Colloque Violences aux femmes: « Soigner les auteurs, c’est prendre soin des victimes »

Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira à l'écoute des femmes victimes de violences

Une deuxième loi de protection des femmes victimes de violences au J.O.

Ce 6 août 2013, un an jour pour jour après publication de la loi relative au harcèlement sexuel, la deuxième loi du quinquennat protégeant les femmes victimes de violence et de la traite a été publiée au journal officiel. Cette deuxième loi, à nouveau portée par Christiane Taubira, Ministre de la Justice et Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes, élargit et durcit les peines en matière de mariage forcé, d’avortement forcé et de mutilations sexuelles. La loi publiée renforce aussi la lutte contre la traite des êtres humains.

La loi crée de nouveaux délits pour protéger les femmes contre les violences : les parents qui trompent leur fille pour l’emmener à l’étranger et lui faire subir un mariage forcé s’exposeront désormais à des poursuites. Il en sera de même des adultes qui incitent les jeunes filles mineures à subir une excision ou qui incitent leurs familles à leur faire subir une excision. Le projet de loi introduit également la pénalisation de la tentative d’avortement forcé. Enfin, les victimes de violences qui sont en danger parce que le coupable s’est évadé seront désormais systématiquement informées de cette évasion.

La loi renforce également la lutte contre la traite des êtres humains : il élargit la définition de la traite, crée de nouvelles infractions et complète notre arsenal juridique pour lutter contre les réseaux et mieux protéger les victimes.  Elle apporte enfin une définition à l’esclavage, qui ne figurait pas encore dans le code pénal, malgré deux condamnations de la France par la Cour européenne des droits de l’Homme. Les crimes de réduction en esclavage et d’exploitation d’une personne réduite en esclavage sont désormais punis de vingt ans de réclusion criminelle. Le Comité contre l’esclavage moderne souligne que les femmes représentent 90% des victimes accueillies. Le Gouvernement prolongera ces nouvelles mesures en élaborant cet automne le premier plan gouvernemental de lutte contre la traite des êtres humains.

Colloque Violences faites aux femmes - Ministère des Droits des Femmes

Inscription au Colloque 2013 « Violences faites aux femmes : soins aux victimes, prise en charge des auteurs »

Le Ministère des Droits des Femmes a le plaisir de vous inviter au colloque consacré aux violences faites aux femmes : soins aux victimes, prise en charge des auteurs, qui se tiendra les lundi 2 (après-midi) et mardi 3 septembre (matin), à  l’Académie nationale de médecine, 16 rue Bonaparte, Paris 6e.

Ce colloque sera l’occasion de valoriser des expériences locales et de confronter les approches médicales, juridiques, sociales et associatives dans ces domaines. Le lundi sera consacré à la question des soins aux victimes, tandis que le mardi concernera la prise en charge des auteurs de violences faites aux femmes.

Parmi les intervenants : Dr Sophie Baron-Laforet, Mme Nadine Barthélémy, Dr Magali Bodon-Bruzel, Mme Patricia Carette, Mme Marie-France Casalis, Dr Roland Coutanceau, Mme Annie Guilberteau, Mme Françoise Guyot, Pr Roger Henrion, Pr Christian Hervé, Mme Virginie Kles, Dr Gilles Lazimi, M. Alain Legrand, Dr Gérard Lopez, Dr Cécile Morvant, Dr Muriel Salmona, Dr Annie Soussy, Me Isabelle Steyer …

Vous pouvez télécharger ici un programme provisoire du colloque. Le programme définitif sera rendu public prochainement.

Les inscriptions sont désormais closes.

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Projet de Loi pour l’Égalité entre les femmes et les hommes – Dossier de Presse

Ce mercredi 3 juillet, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes a présenté en conseil des ministres la loi-cadre pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette loi a été construite avec tous les partenaires du ministère des droits des femmes avec lesquels le dialogue se poursuit pour préparer au mieux le débat parlementaire. Elle contient des mesures décisives en matière d’égalité professionnelle, de garantie contre les impayés de pension alimentaire, de protection des femmes victimes de violences et pour la généralisation de la parité.

Son article 1 fixera pour la première fois dans la loi les principes d’une approche intégrée de l’égalité, qui s’appliquera à toutes les collectivités publiques. Le texte sera complété par la transposition de l’accord sur la qualité de vie au travail, dont la négociation s’est achevée le mardi 2 juillet. Nous ne ne faisons pas une loi pour faire une loi, mais pour assurer l’effectivité des droits.

Retrouvez une présentation détaillée du projet de loi dans à télécharger ou le Dossier de Presse à feuilleter :