Lutte contre les violences
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Des observatoires territoriaux pour mieux connaitre et lutter contre toutes les violences faites aux femmes

Dans le cadre du 4ème plan de lutte contre les violences faites aux femmes, la ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports, Najat Vallaud-Belkacem a confié à l’observatoire national des violences faites aux femmes (MIPROF) la mission de soutenir le développement d’un réseau d’observatoires territoriaux des violences envers les femmes.

Créés à l’initiative des acteurs locaux, ces observatoires visent à renforcer la connaissance quantitative et qualitative sur les violences faites aux femmes, à identifier des outils existants, à coordonner les acteurs (préfecture, police, justice, collectivités, santé, associations…) et à alimenter l’observatoire national des violences envers les femmes des données collectées et des bonnes pratiques identifiées sur les territoires.

Le 10 juillet dernier, l’observatoire régional des violences faites aux femmes d’Ile-de-France, créé le 25 novembre 2013 à l’initiative de la région Ile-de-France et avec le soutien de la ministre chargée des droits de femmes, publiait  pour la première fois un état des lieux des données chiffrées existantes sur les violences subies par les femmes dans la région d’Ile-de-France. Ce recensement constitue une aide précieuse pour définir des orientations pour les politiques publiques de lutte contre les violences faites aux femmes.

Lundi 23 juin 2014, c’est dans les Pyrénées orientales que les acteurs s’étaient réunis pour constituer autour de l’Etat, du Conseil Général, du Parquet et de la Caisse d’Allocations Familiales un tel observatoire destiné à permettre de développer des actions coordonnées et d’expérimenter de nouveaux dispositifs partagés pour une meilleure prise en charge des femmes victimes. A titre d’exemple, cet observatoire aidera à  centraliser les données pour mieux identifier les besoins notamment en matière de logement et d’hébergement.

Au début du mois de juin, c’était à la Réunion que la MIPROF participait une session d’échanges et de formation dans le cadre de l’observatoire réunionnais des violences faites aux femmes (Orviff), mis en place un an plus tôt pour permettre à tous ceux qui agissent, en prévention ou en lutte, de partager leurs approches, d’additionner leurs moyens, de structurer une réponse collective et de développer des initiatives innovantes. Il constitue une instance de veille et d’analyse, d’aide à la décision et de renforcement des coopérations.

Le développement de ces observatoires, créés à l’échelon régional (Ile-de-France, Réunion), départemental (Seine-Saint-Denis, Allier, Pyrénées orientales) ou encore communal/intercommunal (Bayonne, Mulhouse, Nice et Valenciennes), illustre l’engagement des acteurs locaux pour apporter des réponses mieux coordonnées et plus efficaces aux violences auxquelles sont confrontées les femmes : violences conjugales, violences sexistes et sexuelles. La création de nouveaux observatoires est attendue dans les prochains mois.

Une rencontre des représentants des observatoires sera organisée à l’automne par le ministère des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports pour partager et diffuser les meilleures pratiques et mutualiser des outils.

France ratification

Lutte contre les violences : la France ratifie la Convention d’Istanbul

Vendredi 4 juillet, la France est devenue le 13ème État à ratifier la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les violences à l’égard des femmes et la violence domestique. Cette convention, dite convention d’Istanbul, érige des standards minimums en matière de prévention, de protection des victimes et de poursuite des auteurs. Elle répond à l’engagement constant de la France, à l’échelle nationale comme sur la scène internationale, pour mieux prévenir violences faites aux femmes, pour poursuivre les auteurs, pour protéger plus efficacement les victimes de ces violences et coordonner les mesures dans le cadre de politiques globales.

La ministre en charge des droits des femmes appelle à la ratification universelle de cette convention dont l’adhésion est ouverte y compris aux États non membres du Conseil de l’Europe.

Toutes les informations sur la convention sur le site du Conseil de l’Europe.

 

Photo : L’Ambassadrice Mme Jocelyne Caballero, représentante Permanente de la France auprès du Conseil de l’Europe, a transmis l’instrument de ratification de la Convention d’Istanbul (STCE n° 210).

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121 femmes décédées sous les coups de leur conjoint en 2013 : une tendance à la baisse qui encourage le Gouvernement à poursuivre son action

En 2013, 121 femmes et 25 hommes sont décédés, victimes de leurs compagnons ou ex-compagnons. Ce chiffre est en baisse par rapport à 2012 (28 décès en moins). Il représente 19,6 % des homicides de toute nature répertoriés au cours de l’année écoulée. 13 enfants ont également été victimes, en 2013, de violences mortelles exercées par leur père ou leur mère.

Il ressort également de cette étude que, dans plus de trois-quarts des cas, les « agresseurs » ont utilisé une arme (blanche ou à feu). Dans 50% des cas, la victime avait déjà subi des violences sous diverses formes au sein du couple. Par ailleurs, on constate dans plus de la moitié des cas la présence de substances (alcool, stupéfiants, médicaments psychotropes) susceptible d’altérer le discernement de l’auteur ou de la victime au moment des faits.

Cette tendance à la baisse encourage le Gouvernement à poursuivre son action. Avec le 4e plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, annoncé le 22 novembre 2013, il met en pratique des principes d’action simples et structurants et double les moyens spécifiques consacrés aux violences faites aux femmes (66 millions d’euros de 2014 à 2016).

Bernard CAZENEUVE, ministre de l’Intérieur, et Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports sont particulièrement déterminés à mettre en œuvre tous les dispositifs nécessaires pour lutter plus efficacement contre ces violences qui brisent chaque année trop de vies et de familles. Ils appellent à une mobilisation de toutes et tous, de toute la société car c’est le refus des violences par tous et par chacun qui permet aux victimes d’en sortir, d’être mises à l’abri et d’être accompagnées.

En pièce jointe, dossier de presse : premières réalisations du 4e plan triennal de lutte contre les violences

Lutte contre les violences faites aux femmes dans les Outre-mer

Un appel à projets du fonds d’expérimentation pour la jeunesse pour prévenir les stéréotypes sexistes et les violences faites aux femmes

Dans le cadre de la mise en œuvre du 4ème plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes, la ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Najat VALLAUD-BELKACEM et la ministre des Outre-mer, George PAU-LANGEVIN, ont lancé ce jour un appel à projets du fonds d’expérimentation pour la Jeunesse destiné à prévenir dans les outre-mer les violences faites aux femmes par la mise en œuvre d’actions innovantes de lutte contre les stéréotypes sexistes.

Les violences faites aux femmes sont particulièrement prégnantes dans les outre-mer. A titre d’exemple, en Guadeloupe, entre 2008 et 2011, 15 femmes ont été victimes de meurtres, dont la moitié ont été commis par le conjoint ou partenaire. En 2011, six réunionnaises sont décédées sous les coups de leur conjoint ce qui représente près de 4 % des Françaises qui ont succombé aux violences de leur partenaire (alors que La Réunion ne représente que 1 % de la population française). Selon une enquête « cadre de vie et sécurité » menée en 2009-2010 à la La Réunion, 9 % seulement des cas de violences physiques conjugales et des violences sexuelles donnent lieu à un dépôt de plainte. La sélection des dossiers est prévue en septembre.

Pour lutter plus efficacement contre ces violences, Najat VALLAUD-BELKACEM engage en 2014 dans les outre-mer les travaux préparatoires à la mise en place de l’enquête VIRAGE ; à La Réunion, des moyens d’étude sont prévus pour enrichir les données recueillies en 2011 et compléter l’état des lieux des violences. L’enquête annuelle CVS de l’INSEE, qui interroge les femmes et les hommes sur les violences sera étendue dès 2014 à la Guyane puis en 2015 en Martinique et en Guadeloupe. Toutes ces données seront utiles à l’observatoire national des violences créé au sein du ministère des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, mais aussi aux acteurs locaux, pouvoirs publics ou associations, afin de renforcer la coordination de leurs actions au service des victimes.

Avec l’appel à projets lancé ce jour, il s’agit de sensibiliser et mobiliser les acteurs locaux, collectivités, associations, pour mettre en place des actions nouvelles de lutte contre la formation des inégalités et d’agir sur les pratiques des professionnels et sur les représentations des jeunes pour mieux prévenir les violences faites aux femmes.

L’appel à projets est doté d’un million d’euros. Il concerne les cinq Départements d’outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion) et les territoires de Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna.

Najat Vallaud-Belkacem Violences faites aux femmes et Santé

Colloque « Violences faites aux femmes & Santé », le discours de Najat Vallaud-Belkacem

Ce vendredi 14 Mars 2014, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, ouvrait le colloque « Violences faites aux femmes et Santé », organisé avec la MGEN et la Chaire santé de Sciences Po.
Retrouvez ici le reportage de la Mutualité française et ci-desssous le discours d’ouverture de la ministre.


Mesdames et Messieurs, chers amis,

Les violences faites aux femmes sont une priorité de santé publique. Je vous le dis aujourd’hui et Marisol Touraine vous le redira ce soir, mais je crois qu’aucun ministre n’avait prononcé cette phrase dans la clarté avant moi. C’est dire comme nous partons de loin. La reconnaissance même des enjeux est un défi.

L’Organisation Mondiale de la Santé a évalué que les femmes victimes de violences perdent entre 1 et 4 années de vie en bonne santé. Elles touchent une femme sur trois sur la planète. Que faut-il de plus ?

Les risques associés aux violences et les comorbidités ? Elles sont parfaitement bien documentées et vous ne manquerez pas de les rappeler aujourd’hui. Celles qui sont les plus couramment soulignées sont la prématurité des nouveaux nés, l’abus de substance psychoactives, la dépression et les problèmes gynécologiques (le risque est alors multiplié par trois). Que faut-il de plus ?

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Infographie — Lutte contre les violences faites aux femmes

Infographie — Lutte contre les violences faites aux femmes

Infographie — Lutte contre les violences faites aux femmes

Najat Vallaud-Belkacem - Assemblée nationale

Abolition de la prostitution : discours de Najat Vallaud-Belkacem devant l’Assemblée nationale

Retrouvez le discours prononcé par Najat Vallaud-Belkacem à l’occasion du début de l’examen de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel ce vendredi 29 novembre 2013 à l’Assemblée nationale.

Monsieur le Président,
Monsieur le Président de la Commission spéciale,
Madame la Rapporteure,
Mesdames et messieurs les Députés,

Avant qu’un client puisse acheter une prestation sexuelle, quelque part dans l’une de nos rues ou à la lisière de nos bois, il y a des femmes et parfois des hommes qui sont vendus et achetés, échangés, séquestrés, violés et torturés, trompés, rackettés, spoliés, soumis aux pires aux chantages ainsi que leurs familles et leurs enfants, exportés et importés comme n’importe quelle marchandise, animal ou denrée périssable.

Ensuite, seulement, leur vie de prostitués peut commencer : n’oublions pas, n’oubliez pas avant de les considérer comme des prostituées, qui sont ces êtres humains.

Et si vous manquiez de force pour imaginer ces derniers, pensez seulement à ces jeunes femmes africaines dont le réseau de proxénétisme nigérian a été démantelé hier soir en Espagne, des jeunes femmes dont les enfants de 3 ans avaient été séquestrés attachés aux pieds d’un lit depuis plus de 2 ans, pour obliger leurs mères à se prostituer, d’abord vendue au Maroc avant d’être exploitées en Europe, en France.

Pourquoi tant de violence ? Précisément parce que si la prostitution pouvait être exercée sans répugnance et sans souffrance, il serait moins nécessaire d’utiliser de tels moyens.

Que les visages, les corps, et les destins de ces victimes à jamais abîmées ne vous quittent pas : elles sont l’essentiel de la prostitution aujourd’hui, elles sont l’essentiel du système prostitutionnel.

Un système qui brasse 40 milliards de dollars chaque année, qui enrichit d’abord ceux qui vivent de la traite, du crime, du trafic de drogue.

Un système qui n’existerait pas, si à l’autre bout de la chaine, il n’y avait pas quelqu’un pour accepter et pour payer. Lire la suite

Contre les violences, libérons la parole

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes lance une campagne nationale pour libérer la parole face aux violences et orienter les victimes vers les professionnels.
En France, une femme sur dix déclare avoir subi des violences conjugales. La mobilisation de chacune et chacun est donc essentielle : victimes ou témoins, appelez le 3919.

Découvrez les principales mesures du plan de lutte contre les violences faites aux femmes, présentées vendredi 22 novembre 2013.

Découvrez et partagez le lien vers le nouveau site stop-violences-femmes.gouv.fr

Najat Vallaud-Belkacem Intervention à la 2ème conférence mondiale d’INTERPOL sur le trafic d’êtres humains

Intervention de Najat Vallaud-Belkacem à la 2ème conférence mondiale d’INTERPOL sur le trafic d’êtres humains

A Lyon, ce jeudi 14 novembre, Najat Vallaud-Belkacem a ouvert la 2ème Conférence mondiale INTERPOL sur le trafic d’êtres humains. Avec pour objectif l’intensification de la lutte contre toute forme de traite des êtres humains.

Retrouvez ici la vidéo et  texte intégral de l’intervention de la Ministre :

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureuse que cette deuxième conférence d’INTERPOL sur la traite des êtres humains se tienne à Lyon, ma ville. Cette réunion arrive à un moment clé de l’action de notre gouvernement, un moment où nous sommes en train de nous saisir véritablement de la question de la traite dans toutes ses dimensions et avec le plus grand engagement.

Nous sommes en retard. Pourquoi ne pas le dire ? Notre pays n’a pas encore pris la dimension du renouvèlement rapide des réseaux de traite et de la nécessité de repenser nos méthodes d’identification et de protection des victimes.

Nous sommes en train de combler notre retard. Vous le savez peut être une proposition de loi est en préparation au sein de notre Parlement, qui doit permettre de renforcer considérablement la protection des victimes de la traite prostitutionnelle. Je prépare par ailleurs avec les associations les plus concernées un plan du gouvernement contre la traite des humains et dans ce cadre nous sommes attentifs à toutes les formes de traites, particulièrement aux enjeux d’une véritable protection des mineurs qui, souvent parce qu’ils sont contraints par des réseaux, sont également des auteurs de crimes et délits.

Dire que la traite des êtres humains est intolérable ne suffit pas. Il faut se donner les moyens de ne plus la tolérer.

La traite est une violation intolérable des Droits de l’homme, qui voit des millions d’individus – 25 millions selon l’OIT ! – réduits à l’esclavage sexuel ou domestique, au travail forcé, ainsi qu’aux prélèvements d’organes.

Enlevés, déplacés d’un pays à l’autre, contraints à travers des actes inouïs de violence, atteints durablement dans leur dignité. C’est une violation grave des Droits de l’homme dont nous parlons. Et des Droits des femmes, puisque la traite est un crime qui les touche particulièrement. 79% des victimes de la traite dans le monde sont l’objet d’exploitation sexuelle, selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC).

La traite est intolérable aussi, parce qu’elle constitue une menace sérieuse à la sécurité de nos pays, par les financements qu’elle procure aux groupes criminels. Selon l’ONUDC, leurs profits s’élèveraient déjà à 32 milliards de dollars et ne cesseraient de croitre. La réduction à l’esclavage de millions d’individus sert en réalité une ambition criminelle beaucoup plus large, vers la drogue, les armes, le terrorisme… Lire la suite