Parité

Discours de Pascale Boistard lors du colloque « Femmes citoyennes » organisé à l’occasion du premier vote des femmes (19 mai 2015, Sénat)

Femmes.gouv.fr | Publié le 20 mai 2015

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Ministre,

Madame la Présidente de la délégation aux droits des femmes au Sénat,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Madame la Présidente du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes,

Mesdames et Messieurs,

Condorcet s’interrogeait en ces termes : «  Tous (les hommes) n’ont-ils pas violé le principe de l’égalité des droits, en privant tranquillement la moitié du genre humain de celui de concourir à la formation des lois, en excluant les femmes du droit de cité ? Est-il une plus forte preuve du pouvoir de l’habitude même sur les hommes éclairés, que de voir invoquer le principe de l’égalité des droits en faveur de trois ou quatre cens hommes qu’un préjugé absurde en avait privée, et l’oublier à l’égard de douze millions de femmes ? »

Nous sommes en 1790 et ce n’est que près de 150 ans plus tard que les femmes obtiendront le droit de vote.

150 ans de combats, d’Olympe de Gouges à George Sand, en passant par Hubertine Auclert. Olympe de Gouges dont nous avons célébré l’anniversaire le 7 mai à l’Assemblée nationale et qui sera mise à l’honneur en octobre prochain avec la création d’un buste à son effigie qui sera installé à proximité de l’hémicycle dans la salle des Quatre colonnes.

150 ans pour démontrer l’évidence : les femmes sont l’égal des hommes et doivent avoir les mêmes droits civiques.

Cette inégalité fondamentale n’était plus tenable après que les femmes ont lutté activement dans la résistance pendant la seconde guerre mondiale, ce que nous avons souhaité montrer dans l’exposition « femmes et résistance » qui se trouve activement sur les grilles de l’hôtel de ville de Paris.

Les femmes ont donc voté pour la première fois le 29 avril 1945.

Et elles se sont présentées aux élections aussi, et ça n’a pas toujours été simple.

Il leur a fallu du courage et de la détermination.

Certaines ont été élues Maires dès 1945. Je pense à Pierrette Petitot, Maire de Villetaneuse de 1945 à 1977 ou encore à Odette Roux, Maire des Sables d’Olonne de 1945 à 1947.

La participation et la représentation des femmes en politique sont restées compliquée par la suite, comme le souligne dans un entretien qu’elle a accordé à la délégation des droits des femmes au Sénat Cécile Godet, ici présente, et que je salue, sénatrice de Paris de 1979 à 1986,.

De nombreux combats, de nombreuses revendications ont perduré depuis ce 29 avril 1945.

Nous pouvons donc nous demander si, 70 ans après, l’égalité entre les femmes et les hommes est réelle dans la sphère politique ?

Et bien, les avancées sont nombreuses et nous pouvons nous en réjouir.

La réforme constitutionnelle de 1999 et les lois dites de parité forment des leviers majeurs pour que les femmes soient également représentées dans les assemblées.

La loi de 2013, instaurant notamment le binôme aux élections départementales, constitue également un grand pas en avant. Aujourd’hui, les assemblées départementales sont composées de 50% de femmes contre un peu moins de 14% auparavant.

La loi du 4 août pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, au-delà des nombreuses dispositions en faveur des droits des femmes, renforce les pénalités  prévues à l’encontre des  partis politiques dans le cadre des élections législatives.

De nombreuses lois ont donc été promulguées et appliquées.

De nombreuses lois car nous avons pu le constater, les mesures incitatives et l’empressement des hommes politiques à partager les responsabilités, n’avaient pas fonctionné de manière optimale.

Mais au-delà des lois, la volonté politique est un moteur essentiel de cette égalité, à l’image du gouvernement actuel composé d’autant de femmes que d’hommes.

Oui, la volonté politique est fondamentale.

Il faut que les partis politiques se mobilisent davantage.

Il faut que les présidences des exécutifs se féminisent un peu plus et que les délégations attribuées s’écartent de critères toujours trop sexistes.

Autant de chemin qu’il nous reste encore à parcourir collectivement.

De même, vous venez d’aborder la question de la conciliation des temps de vie et de toutes les sortes de clichés qui perdurent.

Il est vrai que l’on demande souvent à une femme comment elle peut concilier vie de famille et politique ; question que l’on ne posera jamais aux hommes.

Il est vrai aussi qu’en politique, les comportements sexistes existent encore et toujours. A l’égard des femmes politiques mais pas seulement, comme le souligne la tribune du 4 mai dernier des 40 journalistes. Et malheureusement, les plus jeunes s’attellent parfois avec un zèle particulier à reproduire des comportements archaïques que l’on voudrait disparus.

Ce sont là de nouveaux défis, pour les droits des femmes, mais aussi pour les hommes qui sont de plus en plus nombreux à rejeter les répartitions sexistes des tâches et à aspirer à une meilleure répartition entre leur vie politique et plus largement professionnelle, et leur vie familiale.

Ces défis, le gouvernement, est déterminé à les relever.

Nous devons continuer à agir ensemble : institutions et associations.

Et c’est en mobilisant l’ensemble de la société que nous y parviendrons.

Je tiens à remercier particulièrement Chantal Jouanno et les intervenants présents qui ont fait de ce colloque un moment riche et passionnant.

Et je remercie également toutes les femmes, et les hommes, qui chaque jour s’engagent pour que l’égalité soit réelle entre les femmes et les hommes.

Discours de Pascale Boistard à l’occasion de la remise des Trophées de l’entreprenariat au féminin (18 mai 2015, CESE)

Femmes.gouv.fr | Publié le 20 mai 2015

Monsieur le président de la CGPME,

Mme la vice présidente chargée de l’entreprenariat au féminin, présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité du CESE

Madame la secrétaire générale,

Mesdames,

Messieurs,

 

Je suis ravie d’être parmi vous ce soir pour les deuxièmes trophées de entreprenariat au féminin.
Je vous remercie de cette occasion que vous me donnez de saluer votre action, et, avec elle, toutes les femmes qui s’engagent dans cette belle aventure qu’est l’entreprenariat.

Vous le savez, le gouvernement soutient avec une grande force l’entreprenariat des femmes.
En effet,  à la fois source d’émancipation et de liberté pour les femmes, mais aussi facteur de compétitivité et d’emploi, l’entreprenariat féminin remplit des objectifs de justice sociale et de performance économique. C’est la conjonction de ces deux grands enjeux qui nous ont incités à créer, en 2013, le plan pour l’entreprenariat au féminin. Ce plan, vous le savez, a pour objectif d’accroître le nombre de femmes entrepreneures, en passant de 30% à 40% le pourcentage de femmes parmi les créateurs d’entreprise.

Je vois ici nombre de nos partenaires usuels, et je sais en outre que l’après midi a été longue et dense, je ne vais donc pas vous faire un nouveau point sur les trois grandes piliers de ce plan : sensibilisation, accompagnement et financement, auxquels plusieurs d’entre vous contribuent d’ailleurs.

Je voulais en revanche évoquer les nouveaux axes de ce plan. Ces axes ont été définis lors du renouvellement, en février 2015, de la convention avec la Caisse des dépôts et consignations, et ont fait l’objet d’une attention particulière lors des comités interministériels à la ruralité et à l’égalité et la citoyenneté.

Tout d’abord, un ciblage plus important sur les zones rurales et les quartiers prioritaires de la ville. Dans les zones rurales, l’entreprenariat est moins développé – et l’entreprenariat féminin en particulier. Or, nous le savons, les jeunes entreprises créent de l’activité économique sur leur territoire, car elles se fournissent localement ; elles créent ainsi, au-delà de leurs seuls salariés, de l’emploi et de la cohésion sociale. Nous allons donc porter un regard plus attentif à ces territoires, et développer des projets adaptés pour ces zones.
Dans les territoires urbains sensibles, où les entrepreneurs et entrepreneuses sont aussi voire plus nombreux que dans les autres territoires, ce sont les financements qui manquent. Là encore, nous allons déployer des actions, avec les réseaux bancaires et les missions locales, pour permettre à ces projets de voir le jour.

Deuxièmement, nous avons mis l’accent sur la reprise d’activité. En effet, trop d’entreprises, faute de repreneurs, disparaissent. Or, les femmes sont encore trop peu investies dans les reprises. Nous espérons que l’accroissement du montant maximal garanti par le FGIF, qui passe de 27 000 € à 45 000€, permettra à un plus grand nombre de femmes de pouvoir reprendre une entreprise.  Je me réjouis à ce titre qu’une de vos catégories de lauréates porte sur ce thème.

Je voulais ensuite évoquer le grand intérêt que suscitent nos politiques à l’étranger.
Je rentre tout juste du Global Summit of Women, sommet international qui s’est tenu cette année à Sao Paulo, et qui réunit des ministres, des femmes entrepreneures ou dirigeantes d’entreprise, des femmes engagées dans la vie associative, venant de tous les pays du monde, pour échanger sur les pratiques permettant de développer l’autonomie économique des femmes. J’y ai présenté notre plan pour l’entreprenariat au féminin, qui a remporté un grand succès, en particulier sur la dimension de financement – le fond de garantie à l’initiative des femmes – et sur la sensibilisation – la semaine de sensibilisation à l’entreprenariat au féminin – . Sur l’entreprenariat, et d’ailleurs sur l’égalité femmes / hommes en général, la France est attendue et observée comme un pays modèle ; les nominées pour la catégorie « export » des trophées peuvent continuer à porter cette bonne parole et à être fières de notre pays.

Pour conclure, car je sais que votre impatience de découvrir le palmarès est grande, je voulais saluer l’initiative que vous prenez autour de cette journée d’assises de l’entreprenariat au féminin. Les thèmes que vous avez abordés aujourd’hui permettent :

  • de mobiliser les acteurs – je pense à l’atelier sur les freins -,
  • de valoriser les soutiens dont peuvent bénéficier les femmes qui souhaitent entreprendre – je pense à l’atelier sur le financement -,
  • de donner de bons conseils pratiques – comme les 10 pièges à éviter – ,
  • d’ouvrir la réflexion sur d’autres thématiques importantes de l’égalité – comme l’atelier sur la mixité.

Sur ce point précis, je voulais vous exprimer ma conviction que tous ces sujets concernant l’égalité professionnelle entre femmes et hommes sont liées : promouvoir l’entreprenariat en général, mais aussi promouvoir l’entreprenariat dans les secteurs trop masculins comme le secteur des nouvelles technologies, permet d’ouvrir les possibilités pour les femmes mais aussi pour les hommes de choisir leur métier, leur carrière, indépendamment des stéréotypes.

Ainsi, je vous remercie tous de contribuer à la liberté de tous et de toutes, à la compétitivité de la France et à l’émancipation des femmes, en offrant un lieu de réflexion, et en valorisant  les femmes qui ont osé et réussi, montrant ainsi la voie à d’autres potentielles entrepreneuses.

Mais je crois qu’il est précisément temps de récompenser ces femmes courageuses.

 

 

Pascale Boistard présente le plan pour l’entreprenariat des femmes au Global Summit of Women (14 mai 2015, Sao Paulo)

Femmes.gouv.fr | Publié le 20 mai 2015

Madame la Présidente,

Madame la Vice-présidente,

Madame la Ministre du secrétariat des politiques pour les Femmes,[1]

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Excellences,

Madame la présidente du Sommet Global des Femmes,

Mesdames et Messieurs,

 

C’est un honneur que de prendre la suite de la représentante de notre pays hôte, Madame la Ministre Menicucci.

Pour la France, participer de manière active au Sommet Global des Femmes est aussi une façon de faire valoir notre engagement à promouvoir l’indépendance économique des femmes et l’entreprenariat des femmes.

La France a en effet toute sa place dans ce panel intitulé« accroître la place des femmes dans le développement économique », car depuis l’entrée en fonction de notre Gouvernement, la France a mené des politiques volontaristes pour promouvoir la participation des femmes à la vie économique et notamment au sein de l’entreprise.

C’est pour cela que le projet, porté par la France et d’autres acteurs du secteur privé mais aussi associatifs, que je souhaite vous exposer aujourd’hui est en lien direct avec la promotion des femmes dans l’entreprenariat : un plan ambitieux pour développer l’entreprenariat des femmes.  

En 2010 a été fait le constat que, si les femmes représentaient la moitié de la population active française, elles ne représentaient que 30% des créateurs d’entreprise. Pire, elles ne représentaient que 10% des créations d’entreprises innovantes, se centrant plutôt sur des activités de service aux particuliers, de santé, de l’action sociale.

Or, comme les hommes, quasiment un cinquième des femmes souhaitent créer leur entreprise : pour développer une idée, pour créer leur emploi, pour contribuer au rayonnement de leur territoire. Les femmes qui créent ont des entreprises aussi pérennes que les hommes ; ainsi, les entreprises financées par le fond que je vais évoquer dans quelques instants sont 82% à passer le cap des 3 ans.

Notre  gouvernement a donc considéré que cet écart, entre le nombre de créatrices et le nombre de femmes créant effectivement son entreprise était une perte de chance. Il a estimé que l’entreprenariat féminin est à la fois un levier pour la compétitivité et l’emploi, et une source d’émancipation et de liberté pour les femmes. L’entreprenariat des femmes est une source de croissance, car la création d’entreprises contribue au rayonnement de la France et à l’innovation. Il est un facteur de cohésion sociale, parce que l’entreprenariat permet sur le plan individuel une possibilité d’accéder à l’emploi et sur le plan collectif une possibilité de développer des territoires. Il est bien sur une source de liberté et d’émancipation car il permet de rendre réel un projet, et plus prosaïquement de créer son emploi dans une période de crise économique. C’est pourquoi le gouvernement a estimé que toutes les formes d’entreprenariat  des femmes devaient être encouragées.

Ainsi a été lancé en août 2013 un plan pour l’entreprenariat au féminin, qui réunit trois ministères : le Ministères des Droits des femmes, celui de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche, et le ministère de l’Economie, ainsi qu’un établissement financier d’Etat : la Caisse des Dépôts et Consignation. Ces trois ministères se sont fixés un objectif : celui de faire passer le taux de femmes créatrices de 30 en 2010 à 40% en 2017.

Ce plan a été décliné au niveau local  par des signatures dans toutes les régions et à nouveau consolidé en février 2015, par l’ajout d’axes particuliers de développement dans les quartiers prioritaires de la ville, les zones rurales et la reprise d’activité.

Ce plan s’articule autour de trois piliers que je vais développer.

1 / En premier lieu, nous tentons de sensibiliser les femmes, et notamment les jeunes femmes, à l’entreprenariat. Nous leur montrons qu’il est possible pour une femme de créer son entreprise en France, et qu’elle peut ainsi réaliser ses projets, créer son emploi et d’autres.Nous avons créé, pour cela, un site internet : http://www.ellesentreprennent.fr qui offre aux entrepreneures potentielles conseils et référents pour monter leur affaire.Nous réalisons par ailleurs, depuis 3 ans, une semaine de sensibilisation à l’entreprenariat féminin chaque année en mars. Le principe en est simple : dans des collèges, des lycées, des établissements d’enseignement supérieur, des femmes entrepreneures viennent présenter leur parcours à des classes ou lors de forums. Ce projet est co-organisée avec une association française nommée 100 000 entrepreneurs et des réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise, sous l’égide de mon ministère, du ministère de l’économie et de celui de l’éducation nationale. Au départ modeste, cette initiative a permis cette année l’intervention de plus de 400 femmes devant 10 000 jeunes – filles et garçons -. Tous ces jeunes ont pu constater que les femmes également sont susceptibles de parcours réussis dans l’entreprenariat.

2/ En deuxième lieu, nous avons développé des outils de financement spécifique. Comme partout dans le monde, ce sont les banques, publiques ou privées, qui financent les créations d’entreprise. Mais afin de lever des freins potentiels au financement de création par des femmes, nous avons créé un outil spécifique de garantie : le fond de garantie à l’initiative des femmes, géré pour nous par France Active et Initiative France. Ce fond, doté de près de 6 millions d’euros en 2014, permet de garantir 70% d’un prêt dans la limite de 27 000€. En 2015, le montant garanti a même été porté à 45 000 €. Ce mécanisme est d’un excellent rapport : pour une somme de 6 millions, ce sont près de 30 millions d’euros de prêts qui sont garantis. C’est un effet de levier important sur l’activité économique pour un très faible investissement public.

Par ailleurs, ce soutien est très bien accueilli par les banques et les prêteuses : 1863 prêts ont été garantis en 2014, en augmentation incessante.

3/ Enfin, nous soutenons très fortement – financièrement et techniquement – les réseaux d’accompagnement de création d’entreprise.

Ainsi, 14 réseaux ont signé avec mon ministère une convention d’engagement sur l’accompagnement des femmes. Ces réseaux sont pour partie généralistes, pour partie ciblés sur un type d’accompagnement (l’entreprenariat à vocation d’insertion par exemple) ou un type de public (les femmes, les femmes qui créent des entreprises innovantes, les femmes de plus de 45 ans …).
Tous ces réseaux travaillent avec les créatrices potentielles pour les aider à construire leur projet sur la base de leurs idées, à développer leur affaire, ou finalement à consolider leur entreprise.
Cette dimension, les créatrices nous le disent, est particulièrement importante pour la concrétisation de leur projet.Je crois que ce qui est particulièrement intéressant pour cette assemblée dans ce plan réside dans deux de ses caractéristiques : d’une part dans sa forte agilité, et adaptation au contexte local, et d’autre part, dans la dimension très partenariale, tout en restant souple, de son exécution. De mon point de vue, ces deux éléments rendent notre plan particulièrement adaptable à tous les contextes sociaux et économiques, et donc potentiellement transposables à vos pays. En effet, il m’apparaissait essentiel de vous proposer une pratique dont certains aspects sont assez facilement transposables.Laisser moi vous illustrer cette adaptabilité au travers d’un exemple qui me semble emblématique : la semaine de sensibilisation à l’entreprenariat au féminin.Cette semaine est organisée par une association, 100 000 entrepreneurs. L’association, qui accueille 8 permanents à Paris ainsi qu’un nombre très restreint de déléguées régionales, a constitué un partenariat avec des réseaux de femmes entrepreneures : elle dispose ainsi d’un vivier de femmes potentiellement intervenantes sur tout le territoire. Par le truchement de mon ministère, elle entretient des relations privilégiée avec les ministères de l’éducation nationale et de la recherche, qui envoient en début d’année une information sur l’opération à tous leurs correspondants locaux en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ces correspondants relaient l’information auprès de tous les établissements scolaires.

Par la suite, le processus est très simple :

  • Les enseignants sollicitent une intervention en s’inscrivant sur un site internet
  • Les permanents sollicitent les femmes entrepreneures locales pour réaliser les interventions
  • Celles-ci sont formées grâce à un logiciel de e-learning sur le déroulé type d’une intervention. Les entrepreneures volontaires pour intervenir disposent donc d’un cadre de référence commun pour le faire.

Et plus de 400 interventions ont été réalisées en 2015 avec ce dispositif tout simple, ce qui représente un doublement par rapport à l’an passé.

Ce qui me semble tout particulièrement intéressant dans cette semaine de l’entreprenariat au féminin est que :

  • Nous utilisons toutes les énergies, issues des entrepreneures, d’entreprises partenaires, d’associations, de l’administration, pour un dispositif finalement assez simple d’application
  • Nous utilisons les nouvelles technologies pour déployer, à moindre coût, un dispositif sur l’ensemble du territoire. Ainsi, le développement dès 2016 de cette expérience dans nos départements d’outre mer ne pose aucune difficulté particulière : l’administration y est présente, et l’association porteuse sera relayée par les outils numériques qu’elle a créés : logiciel de formation et de matching des interventions.

Comme vous le voyez, cet exemple de partenariat réussi en faveur de l’entreprenariat féminin peut être réalisé sur tous les territoires. C’est un élément qui peut intéressé certains d’entre vous aux territoires vastes ou moins accessibles par exemple.

Pour conclure, je voulais mettre en avant quelques réalisations du plan pour l’entreprenariat au féminin. Nous sommes cependant confiants sur l’évolution du taux de femmes parmi les créateurs d’entreprises, car de nombreux indicateurs favorables nous sont apportés :

  • Ainsi, toutes les régions françaises ont décliné le plan national, les partenaires locaux s’emparant très vivement de cette thématique
  • La semaine pour l’entreprenariat au féminin que je viens d’évoquer ne cesse de croître : chaque année, nous voyons un doublement du nombre d’interventions demandées. Cette semaine répond manifestement à une demande des enseignants et des élèves.
  • Le fond de garantie à l’initiative des femmes est en constante progression ; il est chaque année consommé, ce qui est une manifestation directe de la création d’entreprises par les femmes.

Ainsi, nous avons confiance dans la réalisation de notre objectif, qui est de faire progresser le nombre et le pourcentage de femmes parmi les créateurs d’entreprises à 40% à l’horizon de 2017. Des données disponibles l’an prochain nous permettront j’espère de confirmer ce bon pressentiment.

Je vous remercie de votre attention.

 

 

[1] La Brésilienne, Madame Menicucci

Global-Sumit2015

Pascale Boistard au Global Summit of Women 2015 de Sao Paulo

Femmes.gouv.fr | Publié le 12 mai 2015

Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, se rend à Sao Paulo, au Brésil, pour participer à la nouvelle édition du Global Summit of Women, qui se déroulera du jeudi 14 au vendredi 16 mai 2015.

Cette vingt-cinquième édition du sommet réunira des dirigeantes et dirigeants, mais aussi des cheffes et chefs d’entreprises ou d’ONG, venant du monde entier, afin d’échanger sur les diverses initiatives prises en faveur de l’entrepreneuriat féminin et de l’activité économique des femmes. Au programme, une table ronde ministérielle et des ateliers de discussions thématiques.

Lors de la table ronde ministérielle Pascale Boistard présentera  devant ses homologues, le plan pour l’entrepreneuriat féminin de la France et ses évolutions. Le Gouvernement français a en effet estimé que l’entrepreneuriat féminin était un levier pour la compétitivité et l’emploi, mais aussi une source d’émancipation, de liberté pour les femmes et de cohésion sociale. La promotion de l’entrepreneuriat des femmes à l’international contribue à l’innovation et au rayonnement de la France. C’est en ce sens qu’il a souhaité encourager toutes les formes d’entrepreneuriat des femmes depuis le mois d’août 2013, avec un plan pour l’entrepreneuriat au féminin, réunissant le ministère des Droits des femmes, le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et le ministère de l’Economie, ainsi que la Caisse des Dépôts et Consignation. L’objectif du plan est d’augmenter le nombre de femmes créatrices en le faisant passer de 30% en 2010 à 40% en 2017. Ce plan, également décliné un niveau local, repose sur trois piliers : la sensibilisation des femmes à l’entrepreneuriat, le développement des outils de financement spécifique et l’accompagnement des femmes entrepreneures.

La secrétaire d’Etat interviendra au nom de la France, pays hôte en 2014, lors de la cérémonie d’ouverture du Global Summit of Women. Elle participera à des ateliers de discussions thématiques portant notamment sur les carrières des femmes et la mixité en entreprise. Un atelier dans lequel interviendra la présidente de Business France, portera d’ailleurs sur la place des femmes dans la gouvernance des entreprises, alors même que la France s’est doté d’un objectif contraignant chiffré de 40% en 2017 (les conseils d’administration du CAC40 incluent actuellement plus de 30% de femmes alors qu’elles n’étaient que 12.3% en 2010[1]). Enfin, Pascale Boistard rencontrera Eleonora Menicucci, ministre des Droits des femmes du Brésil, lors d’un entretien, ainsi que Denise Motta Dau, secrétaire des Politiques pour les femmes à la Mairie de Sao Paulo, lors de la première « Semaine du Travail ».

Lors de ce déplacement Pascale Boistard organisera une rencontre avec des acteurs de la vie économique de Sao Paulo et la délégation d‘entrepreneures et dirigeantes françaises eu Sommet global.

[1] Source Eurostat et http://ec.europa.eu/justice/gender-equality/files/annual_reports/150324_annual_report_2014_web_en.pdf

 

Programme prévisionnel (heures locales)

 Mercredi 13 mai

17h-19h30 : Réunion avec des acteurs de la vie économique (entreprises françaises et brésiliennes) avec l’ensemble de la délégation française.

Jeudi 14 mai : Sommet Global des Femmes

9h- 14h30 : Table ronde ministérielle

10h-11h : Panel I/Accroitre la place des femmes dans le développement économique
Interventions :
Eleonora Menicucci : Ministre Droits des Femmes  (Brésil)
Pascale Boistard Secrétaire d’Etat Droit des femmes  (France)
Nora Terrado, Sous-secrétaire d’Etat commerce et industrie (Philippines)
Malgorzata Fuszara, Secrétaire d’Etat égalité de traitement (Pologne)

15h : Entretien avec Eleonora Menicucci, Ministre des Droits des femmes du Brésil

17h-18h30 : Cérémonie d’ouverture du  Global Summit of Women – Intervention de Pascale Boistard, au nom de la France, pays hôte de l’édition 2014

Vendredi 15 mai : Sommet Global des Femmes

09h-10h : Mégatrend globaux et régionaux ; présentation générale par Irène Natividad

10h– 11h : Forum des PDG : Business et égalité femme-homme

11h – 12h : Stratégies créatives pour des initiatives réussies de Women-on-Board
Intervention de Muriel Penicaud, présidente de Business France

15h-17h30 : Visite du forum « Semaine du Travail », avec Denise Motta Dau, secrétaire des Politiques pour les femmes à la Mairie de Sao Paulo

 

Discours de Pascale Boistard prononcé à l’occasion de l’inauguration de l’exposition femmes et résistance le 29 avril 2015

Femmes.gouv.fr | Publié le 29 avril 2015

Seul le prononcé fait foi

Madame l’adjointe au Maire, chère Hélène,

Monsieur le Directeur de Cabinet,

Madame la présidente de la fondation pour la mémoire de la Déportation,

Madame Madeleine RIFFAUD,

Madame Cécile ROL-TANGUY,

Monsieur Pascal Blanchard,

Mesdames et Messieurs,

 

Il y a 70 ans, jour pour jour, les femmes votaient pour la première fois.

En faisant ce geste de déposer un bulletin dans une urne, elles choisissaient pour la première fois qui allait les représenter. Leurs voix allaient compter dans une démocratie qui écoutait enfin l’avis de la moitié de la population.
Le 29 avril 1945, les femmes participaient à l’élection des maires, premier échelon de la démocratie. Le 30 mars 2014, pour la première fois, une femme devenait maire de Paris.

Ces premières fois sont toutes issues de combats.

C’est pourquoi, avec le Secrétaire d’Etat aux anciens combattants et la ville de Paris, nous avons voulu mettre à l’honneur les combattantes. De nombreux partenaires, que je tiens à saluer, ont tenu à soutenir cette réhabilitation historique des femmes à travers cette exposition « Femmes et Résistance ».

Les femmes se sont battues. Elles furent les premières victimes des conflits, et le sont d’ailleurs encore aujourd’hui. Elles étaient  des guerrières, des militantes, des soldates de la liberté. Elles étaient des résistantes. Si elles ne pouvaient pas voter à l’époque de cet engagement, elles n’ont attendues aucune permission pour de dire non. Elles ont refusé l’inacceptable. Elles ont décidé d’être citoyennes dans la guerre.
Elles ont participé à l’organisation des réseaux de résistance. Elles ont été agents de liaison.  Elles ont favorisé la presse clandestine. Elles se sont engagées dans le Maquis. Elles ont caché des clandestins, des soldats des armées alliées, des Juifs. Elles ont participé à la libération de la France, et par là même, ont ouvert la voie à l’émancipation et au droit de vote des femmes.

Les femmes s’étaient engagées dans la Résistance, la Résistance s’est engagée pour les femmes.

En effet le 24 mars 1944, l’Assemblée consultative adopte à Alger le principe du droit de vote des femmes. Le 21 avril, le général de Gaulle ratifie l’ordonnance qui prévoit le vote, mais aussi l’éligibilité des femmes, l’autre volet de la participation citoyenne. Après la guerre, le combat civique continue. Beaucoup des résistantes ont fait de leur vie un engagement. En politique ou dans le mouvement associatif, elles ont fait entendre la voix des femmes. Elles ont lutté contre l’injustice. Elles ont porté la mémoire de la guerre, de la déportation et de la Résistance.

Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz de Gaulle en sont des exemples célèbres.

L’esprit de la Résistance doit vivre. « Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent » disait Lucie Aubrac. Contester, remettre en cause, militer : ce sont les bases d’une société démocratique, progressiste et libre. Mais ces bases sont fragiles. Soyons toujours vigilants face à la montée des conservatismes et de l’obscurantisme qui peuvent aller à l’encontre de droits si durement acquis par et pour les femmes. Nous devons veiller à ce que chaque génération trouve toujours la force et les mots pour faire vivre et poursuivre les combats humanistes de la Résistance.

J’étais il y a 15 jours à Ravensbrück, ce camp où des femmes ont été déportées en raison de leurs actions résistantes. Les 70 ans de la libération de ce camp a été l’occasion de faire le lien entre la résistance, l’enfermement, l’engagement et enfin  la reconnaissance.

Nous avons souhaité cette exposition pour que les femmes résistantes soient mieux connues  et reconnues par tous.

Pour que l’on sache que Marie-Madeleine Fourcade a dirigé un réseau. Pour que d’autres pionnières suivent l’exemple d’Hélène Terré, qui a participé à la création des Auxiliaires féminines de l’armée de terre et fut directrice de l’armée féminine au sein du ministère de la Guerre.

Pour que l’on reconnaisse le rôle joué par les femmes, comme celui de Denise Vernay, sœur de Simone Veil et agent de liaison alors qu’elle est encore adolescente.

Pour que l’on comprenne que de la Résistance à l’engagement politique il n’y a qu’un pas que beaucoup de résistantes ont franchi au sortir de la guerre : Madeleine Braun, Gilberte Brossolette, Eugénie Eboué-Tell, Germaine Poinso-Chapuis en sont l’incarnation.

Leur héroïsme ne doit pas rester dans l’ombre du machisme guerrier.

La reconnaissance de ces combattantes de l’ombre, c’est aussi ce qu’a souhaité le président de la République. Il a décidé que Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle Anthonioz entreront au Panthéon le 27 mai prochain, journée nationale de la Résistance. C’est un évènement historique ! Jusqu’à lors, seule une femme  avait eu droit à la reconnaissance suprême de la nation.

Germaine Tillion, c’est l’égalité. Toute sa vie, elle a œuvré pour les droits des femmes, pour la compréhension d’autres cultures, pour le rapprochement entre les peuples. Après l’enfer de Ravensbrück où elle a été déportée, elle s’est engagé pour l’Algérie, contre les inégalités.

Geneviève de Gaulle Anthonioz, c’est la fraternité, la solidarité. Présidente pendant des décennies d’ATD Quart monde, elle a mené une autre guerre : la  guerre contre la pauvreté, contre l’exclusion.

Avec leur entrée au Panthéon, leur nom, leur histoire, leurs combats seront désormais connus de tous.  Pourquoi est-ce important ? Parce que pour protéger les droits des femmes, nous avons besoin d’ancrer les femmes dans notre Histoire, dans notre mémoire collective. Oui les femmes artistes de grand talent existent, oui les femmes scientifiques ont fait  des découvertes qui ont changé le monde, oui les femmes ont été de valeureuses combattantes.

Cela doit se savoir pour que jamais nous ne puissions remettre en question l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous avons besoin de symboles, qui servent autant à connaître le passé qu’à changer l’avenir. Ce sont ces symboles que nous construisons aujourd’hui en inaugurant cette exposition « Femmes et Résistance ». 46 femmes. 46 portraits. 46 parcours de vie qui seront  visibles de tous.

Elles ont été choisies parce qu’elles étaient à la fois emblématiques et très différentes. Elles sont issues de tous les milieux sociaux, jeunes ou moins jeunes,  françaises ou étrangères. Et dans la Résistance, elles ont construit l’idéal d’une France plus égalitaire.

Plus d’égalité c’est une meilleure représentativité. C’est pour cela que le gouvernement agit ; pour que les femmes soient pleinement représentées au sein des institutions.  L’objectif de  parité est le troisième combat pour l’égalité politique avec le droit de vote et le droit à l’éligibilité. Le mois dernier, une nouvelle étape a été franchie : la loi a permis que les élus des départements soient à 50% des femmes et à 50% des hommes.

Ainsi depuis ce 29 avril 1945, les progrès sont notables, même s’il reste toujours à faire. Le premier vote des femmes a été acquis aussi grâce à ces 46 femmes résistantes, que vous allez pouvoir découvrir ou redécouvrir au fil des panneaux de cette magnifique exposition « Femmes et Résistance ».  Une exposition réalisée avec talent par les Bâtisseurs de mémoire dont je tiens à saluer le travail.

Je vous remercie,

 

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Affiche exposition Femmes et Résistance

Discours de Pascale Boistard prononcé au Ministère de l’Intérieur à l’occasion des 70 ans du premier vote des femmes le 29 avril 2015

Femmes.gouv.fr | Publié le 29 avril 2015

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Mesdames et Messieurs,

« La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit également avoir le droit de monter à la tribune » L’article 10 de la « déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », rédigée par Olympe de Gouges en 1791, symbolise le début du combat féministe et de la revendication d’une égalité civique entre les femmes et les hommes.

En 1848, le droit de vote universel est obtenu par les hommes. Les femmes, elles, attendront près d’un siècle pour l’obtenir.

100 ans pour que les femmes soient reconnues citoyennes  à part entière. 100 ans pour que les femmes obtiennent le droit de vote et d’éligibilité aux élections.

D’Olympe de Gouges à George Sand, en passant par Hubertine Auclert, les femmes se seront battues sans relâche pour l’égalité des droits civiques. Et pourtant, les femmes ont remplacé les hommes dans les champs et les usines lors de la première guerre mondiale. Les femmes ont participé activement à la résistance pendant la seconde guerre mondiale. Enfin, le 29 avril 1945, elles voteront pour la première fois aux élections municipales.

70 ans plus tard, une question subsiste : quelle place occupent les femmes aujourd’hui en France dans les instances politiques ?

Depuis la réforme constitutionnelle de 1999 et des lois dites de parité, la place des femmes en politique progresse. Avec la loi de 2013, instaurant le binôme aux élections départementales par exemple, un grand pas en avant a été réalisé. Aujourd’hui, les assemblées départementales sont composées de 50% de femmes contre 16% auparavant.
Avec la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, au-delà des nombreuses dispositions en faveur des droits des femmes, nous avons renforcé les pénalités  prévues à l’encontre des  partis politiques dans le cadre des élections législatives.

Au-delà des lois, la volonté politique est un moteur essentiel de cette égalité, à l’image du gouvernement actuel composé d’autant de femmes que d’hommes. Les partis politiques ont eux aussi un rôle à jouer. Comment encore accepter que des partis politiques préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter la loi ?Alors que les femmes représentent 52% de la population, saluons leur sagesse de ne revendiquer que 50% des postes. Notons aussi que les femmes sont encore trop souvent écartées des présidences des collectivités territoriales.

A l’heure où notre société vit au rythme des réseaux sociaux et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, l’organisation de la vie politique reste sur des schémas et fonctionnements archaïques. Ce sont de nouveaux défis qui doivent être relevés par les partis politiques et nos institutions pour plus d’égalité entre les femmes et les hommes dans la sphère politique. C’est contribuer à faire disparaître les comportements sexistes encore présents notamment dans nos hémicycles parlementaires.
Enfin, les citoyennes et les citoyens doivent eux aussi avoir cette exigence dans le débat démocratique.

Mesdames, Messieurs, comme vous pouvez le constater, de nombreux défis restent à relever pour parvenir à un véritable égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités politiques. Avec l’ensemble du gouvernement nous nous y employons. Avec vous, les associations nous nous mobilisons.
Il faut qu’avec l’ensemble de la société nous y parvenions.

Je vous remercie.

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illustration-vote des femmes

Mise en œuvre des mesures en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes du comité interministériel « Egalité et citoyenneté : la République en actes »

Femmes.gouv.fr | Publié le 29 avril 2015

Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes ont fait le point en conseil des ministres ce mercredi 29 avril 2015 sur les mesures du comité interministériel « Egalité et citoyenneté : la République en actes » relatives à l’égalité femmes hommes.

Lors de ce comité qui a eu lieu le  6 mars 2015, le Gouvernement a exprimé l’ambition d’une République qui offre à chacune et à chacun les mêmes chances, grâce à la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes. La lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes est un levier pour construire une société fondée sur la solidarité et le respect et où les femmes se sentent pleinement citoyennes. Cinq mesures du comité pour l’égalité et la citoyenneté incarnent la détermination du Gouvernement en la matière.

1)     Lutter contre les stéréotypes sexistes

La disparition des stéréotypes sexistes est la condition de l’émancipation individuelle. La lutte contre ces représentations caricaturales est menée sur plusieurs fronts. Le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche a engagé un travail avec le Syndicat national des éditeurs pour éviter les stéréotypes sexistes dans les manuels scolaires. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a défini les indicateurs quantitatifs et qualitatifs relatifs à la juste représentation des femmes et des hommes dans les médias : les chaines seront évaluées fin 2015.

2)     Rendre réelle la parité dans les instances décisionnaires

La reconnaissance pleine et entière de la citoyenneté des femmes implique l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités politiques, économiques et sociales. Un pas important vient d’être franchi : les conseils départementaux sont désormais composés d’autant de femmes que d’hommes.

3)     Mieux partager l’espace public

La place des femmes l’espace public est un nouveau champ d’action politique. Dans la République, chacune et chacun doit pouvoir évoluer librement dans la rue ou les transports en commun. À la suite de l’avis du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes sur le harcèlement sexiste dans les transports en commun, plusieurs axes de travail ont été définis : sensibiliser pour changer les comportements, se réapproprier l’espace public, alerter efficacement et former pour mieux réagir.

4)     Lutter contre les impayés de pension alimentaire

Les familles monoparentales sont particulièrement touchées par la précarité. La loi du 4 août 2014 permet d’expérimenter une garantie des impayés de pensions alimentaires et le versement d’une pension alimentaire minimale de 100 euros. Depuis le 1er octobre 2014, 20 départements ont mis en place cette expérimentation. 2 000 personnes en ont déjà bénéficié.

5)     Développer les crèches à vocation d’insertion pour faciliter l’emploi des femmes dans les quartiers.

L’accès à un mode d’accueil de la petite enfance est une condition du maintien ou du retour des femmes à l’emploi. La création de places d’accueil est déterminante. Pour les femmes des quartiers prioritaires, le modèle de crèches à vocation d’insertion professionnelle sera développé.

 

La France célèbre le soixante-dixième anniversaire du premier vote des femmes

Femmes.gouv.fr | Publié le 29 avril 2015

Il y a soixante-dix ans, le 29 avril 1945, à l’occasion des élections municipales, les Françaises exerçaient pour la première fois leur droit de vote et d’éligibilité (Voir ici), accordé un an auparavant par ordonnance. En octobre de la même année, elles participaient à leur premier scrutin national, pour l’élection de l’Assemblée constituante.

Si le droit de vote des femmes est aujourd’hui une évidence, l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités politiques reste un combat du présent. Depuis 1999, et grâce à la détermination du Gouvernement de Lionel Jospin, la parité a permis des progrès manifestes en ce domaine, dans les assemblées locales notamment.

Depuis 2012, le Président de la République et le Gouvernement ont sans cesse réaffirmé leur attachement à ce que les femmes occupent la même place que les hommes dans les sphères politiques, économiques et sociales. Le Gouvernement est paritaire depuis mai 2012, tout comme les conseils départementaux depuis mars dernier. Les sanctions pour les partis ne respectant pas la parité lors des élections législatives ont été doublées.

« Nous célébrons aujourd’hui la conquête de l’égalité des droits civiques et politiques entre les femmes et les hommes. C’est aussi l’occasion de mesurer les nombreux progrès accomplis depuis 70 ans », a déclaré Marisol TOURAINE, ministre des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des femmes. « Il faut se mobiliser pour que l’égalité continue de progresser dans tous les domaines. La place des femmes en politique, à égalité avec les hommes, est encore à conquérir, et mon engagement pour la progression de la parité est total » a-t-elle ajouté.

« En ce 29 avril 2015, nous voulons aussi rappeler le rôle des femmes qui se sont engagées pour cette conquête démocratique et celles dont l’apport fut décisif », a ajouté Pascale BOISTARD, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes. « J’inaugure aujourd’hui à l’Hôtel de Ville de Paris l’exposition Femmes et Résistance, qui rend hommage à ces femmes » a précisé la secrétaire d’Etat.

illustration-vote des femmes

La France célèbre le 70ème anniversaire du premier vote des femmes

Femmes.gouv.fr | Publié le 28 avril 2015

En devenant des citoyennes à part entière, en pouvant voter et être élues, les femmes entrent dans la sphère publique et politique. Elles votent pour la première fois le 29 avril 1945, à l’occasion des élections municipales, puis le 21 octobre, à l’occasion du référendum et des élections législatives.

Le combat pour l’égalité, un combat de plusieurs siècles

Mais le combat pour l’égalité des droits civiques est bien plus ancien. Déjà en 1791, Olympe de Gouges souhaitait compléter la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen par une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, demandant notamment l’égalité des droits civiques entre les femmes et les hommes. Ce combat sera repris par plusieurs féministes au cours des 18ème, 19ème et 20ème siècles.

En 1868, une vingtaine de femmes diffusent un manifeste, avec l’appui du journal L’Opinion Nationale, réclamant le droit de vote des femmes. En 1881, la militante féministe Hubertine Auclert lance le journal La Citoyenne.

C’est l’action des féministes qui relance la question du droit de vote sous la IIIème République. Le Sénat bloquera ces tentatives. Les combats féministes et suffragistes se multiplient, l’Union française pour le suffrage des femmes est créée en 1909. Au cours de l’année 1914, un plébiscite féminin, organisé par les suffragistes, réunit 505 972 voix en faveur du droit de vote des femmes.

De la résistance au droit de vote des femmes

Le droit de vote des femmes est le résultat d’un combat de plusieurs siècles. C’est notamment le combat des femmes durant la seconde guerre mondiale qui aura le mieux servi la cause de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Combattantes, standardistes, infirmières, cantinières, secrétaires ou encore agentes de liaison, les femmes – pourtant oubliées du conflit – auraient représenté 20% de la Résistance. Pour en savoir plus sur l’engagement des femmes pendant la Seconde guerre mondiale, découvrez l’exposition « Femmes et Résistance ».

Dès 1942, le Général de Gaulle déclare qu’« une fois l’ennemi chassé du territoire, tous les hommes et toutes les femmes de chez nous éliront l’Assemblée nationale ». Le 21 avril 1944, il signe une ordonnance portant sur l’organisation des pouvoirs publics en France après la Libération, qui stipule que « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». C’est le 29 avril 1945 que les femmes votent pour la première fois, à l’occasion des élections municipales ; elles participent au référendum et aux élections législatives le 21 octobre suivant. Ainsi, l’Assemblée constituante élue en 1945 sera composée à 5,6% de femmes.


Droit de vote des femmes : Municipales du 29… par droitsdesfemmes

Aujourd’hui, les femmes dans la sphère politique

Il aura fallu des décennies et de nombreux combats pour voir les femmes accéder aux responsabilités politiques et aux mandats électoraux. Sous le gouvernement de Lionel Jospin, la loi constitutionnelle du 8 juillet 1999 inscrit dans la Constitution le principe de « l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives », précisant que « les partis et groupements politiques contribuent à la mise en œuvre de ce principe ». Depuis 2012, le Gouvernement agit pour l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités politiques, économiques et sociales. Alors que François Hollande est élu Président de la République, la loi du 17 mai 2013 instaure un scrutin binominal paritaire pour les élections départementales et modifie le scrutin pour les élections municipales et intercommunales, visant à favoriser la parité. Enfin, la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes vient, entre autres, doubler les pénalités financières pour les partis politiques qui ne respectent pas la parité.

L’égalité des droits civiques : les dates clefs

Affiche exposition Femmes et Résistance

Femmes et Résistance : une exposition pour rendre hommage à toutes les résistantes

Femmes.gouv.fr | Publié le 28 avril 2015

Alors que l’on célèbre le 70e anniversaire du premier vote des femmes (29 avril 1945) et que deux résistantes, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, entreront au Panthéon le 27 mai, il est désormais certain que l’histoire ne saura plus s’écrire sans les femmes.

L’exposition Femmes et Résistance est destinée à rendre hommage à ces femmes résistantes, connues ou anonymes, trop longtemps restées dans l’ombre et qui firent tant pour nos libertés. Elle sera présentée sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris, lieu emblématique de la Libération de Paris, du 29 avril, date anniversaire du premier vote des femmes (29 avril 1945), au 2 juin, puis sur celles du Panthéon, du 6 juin au 6 juillet, quelques jours après l’entrée de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz dans ce lieu.

En effet, durant la Seconde guerre mondiale, les femmes résistent, chacune à leur manière : hébergement de clandestins, organisation de réseaux, impressions de tracts et de journaux clandestins, préparation d’engins explosifs, évasions, collecte et transmission d’informations. Leur engagement civique et militaire, au même titre que les hommes, intervient alors qu’elles n’ont pas encore le droit de vote. Mais cet engagement n’est pas valorisé. Les chiffres en témoignent, elles sont les grandes oubliées du conflit : elles auraient représenté 20 % des membres de la Résistance, mais on compte seulement six femmes parmi les 1 038 Compagnons de la Libération et elles représentent à peine 10 % des médaillés de la Résistance. À travers les portraits de quarante-six héroïnes, cette exposition est donc l’occasion de rendre hommage à ces femmes, connues ou anonymes, trop longtemps restées dans l’ombre.

L’exposition Femmes et Résistance est composée de vingt panneaux mettant à l’honneur l’action des femmes résistantes, combattantes et engagées, sur des supports visibles et intégrés à l’espace urbain, accessibles au plus grand nombre, sur deux lieux symboliques, la Mairie de Paris et le Panthéon.

Infos pratiques :

Grilles de l’Hôtel de Ville de Paris : du 29 avril au 2 juin 2015

Grilles du Panthéon : du 6 juin au 6 juillet 2015

Dossier de presse Exposition Femmes et résistance

Découvrir la version en ligne de l’exposition Femmes et Résistance :

Les partenaires

 

marianne

Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes

 

 

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Ministère de la Défense, Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives

 

 

70

70ᵉ anniversaire de la libération de la France et de la victoire sur le nazisme

 

 

centredesmonumentsCentre des monuments nationaux

 

 

 

Mise en page 1

Mairie de Paris

 

 

onqc

ONAC, mémoire et solidarité

 

 

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ECPAD, agence d’images de la Défense

 

 

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Paris Musées, les musées de la ville de Paris

 

 

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Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la libération de Paris – Jean Moulin

 

 

mrn

Musée de la résistance nationale

 

 

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