Parité

Intervention de Pascale Boistard lors de la remise du rapport du Haut conseil à l’égalité femmes-hommes et du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle sur la parité économique

Femmes.gouv.fr | Publié le 10 février 2016

Seul le prononcé fait foi

Madame la Présidente,

Madame la Secrétaire générale,

Mesdames et messieurs les membres du haut conseil à l’égalité,

Mesdames, messieurs,

Je me félicite tout d’abord de vous voir réunis si nombreux et si nombreuses aujourd’hui autour de ce thème. Cela atteste déjà d’un mouvement en marche au sein de la société française.  Ce mouvement, il a été impulsé à la  réforme constitutionnelle de 1999 et les lois dites de parité. Elles sont des leviers majeurs et ont fixé le cap pour faciliter l’accès des femmes aux responsabilités et au pouvoir dans tous les domaines.

Nous devons maintenant assurer leur suivi et le contrôle de leur application. C’est essentiel.

Madame la Présidente, Madame la Secrétaire Générale, vous venez de me remettre votre rapport qui je le rappelle faisait l’objet d’une saisine de la Ministre, Marisol Touraine et de moi-même.  

Nous avons souhaité vous confier la réalisation de ce rapport précisément pour répondre aux besoins d’évaluation et de suivi de la mise en œuvre des lois sur la parité.

Je prends bonne note des constats que vous livrez dans ce rapport.  Je ne reviens pas sur les chiffres qu’il comporte, vous les avez évoqués avant moi.

Je retiens en revanche de nombreux éléments positifs. Je constate une progression remarquable qui atteste d’un mouvement en marche vers la parité. Et des progrès il y en a – en témoigne les chiffres du CAC 40.

La France se place désormais en tête des pays de l’Union européenne avec 34% de femmes dans les conseils, je m’en félicite !

Nous ne disposons pas d’un tel classement dans le secteur public, mais je ne doute pas de la dynamique en œuvre dans le secteur public – qui se doit d’être exemplaire, le gouvernement est vigilant (j’y reviendrai).

Je retiens également des motifs d’inquiétudes car la dynamique en faveur de la parité ne s’est pas encore tout à fait étendue à l’ensemble du périmètre des lois. C’est le cas par exemple pour les petites entreprises.  C’est sur cette cible, entre autres, que doit désormais se concentrer notre action.

L’action, c’est bien le mot-clé, car au-delà des lois qui nous fixe le cadre, nous devons assurer la mise en marche vers l’atteinte de nos objectifs. 

Je partage en de nombreux points l’analyse du rapport, en particulier sur :

  • La nécessité d’informer et de sensibiliser sur les obligations légales ;
  • L’importance de renforcer les instruments de mesure, d’instance de suivi et de contrôle ;
  • La poursuite de la professionnalisation des administratrices, de l’identification des viviers,  de l’accompagnement des entreprises intermédiaires sur tout le territoire ;
  • Le rôle des corps intermédiaires (organisations patronales, syndicales) des CCI et autres réseaux, etc.

Nous y travaillerons en 2016.

Madame la Présidente, madame la Secrétaire Générale, sachez que je n’écarte aucune recommandation du rapport que vous venez de me remettre.

J’ai conscience qu’il y a un véritable besoin d’outils complémentaires. C’est prioritaire.

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de missionner le Contrôle général économique et financier afin de réaliser un état des lieux de l’application des règles de parité dans les conseils des établissements publics et des entreprises visés par les articles 6 modifié de la loi n°2011-103 du 27 janvier 2011 et 52 modifié de la loi n°2012-347 du 12 mars 2012. Ce mandat s’appliquera aux organismes placés sous la responsabilité de contrôle du Cégéfi, mais également aux organismes placés sous la responsabilité des contrôleurs budgétaires et comptables ministériels.

Parallèlement à cet état des lieux, le Cégéfi veillera à prévoir un dispositif d’information  des organismes des règles qui s’appliquent et à proposer un dispositif de sensibilisation des autorités de nomination sur la nécessité de l’application de ces dispositions et les sanctions encourues.

Il devra également identifier les obstacles et freins à l’obtention d’une parité réelle et, en concertation avec les acteurs concernés (SGG, DGAFP, SGMAP, ministères de tutelle…), fera des propositions en vue de les lever.

Il remettra la conclusion de ses travaux au mois de juin 2016 qui comprendra des recommandations sur l’opportunité de proposer des évolutions de ces lois et d’en préciser les modalités d’application, de sanction ou de suivi  pour une pleine mise en œuvre des dispositifs de parité.

***

Nous avons d’ores et déjà d’autres nombreuses pistes qu’il faudra valider dans les prochaines semaines. Elle ne concerne pas que le gouvernement ou les ministères.

Je souhaite toutefois souligner le travail d’ores et déjà effectué à travers les instruments qui assure un pilotage et un suivi de la loi.

1/Dans le secteur privé

  • Certes, les chiffres faisant l’objet d’un suivi régulier relèvent uniquement des sociétés côtées.

Nous travaillons d’ailleurs à la valorisation des progrès réalisés par ces entreprises, dans le but de les encourager.

Le palmarès de la féminisation des instances dirigeantes d’Ethics and Board identifie le nombre de femmes et leur progression dans les conseils d’administration et au sein des comités exécutifs. Ce palmarès est financé par la direction générale de cohésion sociale.

  • Mais nous avons également ouvert les moyens d’analyse sur le champ des entreprises non cotées.

A la demande de la Direction générale de la cohésion sociale, le centre européen de droit et d’économie a réalisé une étude sur la participation des femmes dans les conseils des entreprises côtées et non côtées de plus de 500 salariés et ayant un chiffre d’affaire de plus de 50 millions d’euros, qui devront atteindre un taux de 40% en 2017. Une analyse de l’impact de ce changement sur la gouvernance des entreprises a également été réalisée afin de mettre en exergue les bénéfices de cette politique publique.

Cette même étude intégrera les entreprises de plus de 250 salariés et ayant un chiffre d’affaire de plus de 50 millions d’euros, impactées par l’application des quotas à compter de 2020.

2/ Dans la sphère publique ensuite

Le rapport met l’accent sur le manque d’informations sur la mise en œuvre des obligations légales au sein des établissements publics. Il indique que la question se pose de savoir « où trouver l’information ».

A cet égard, il semble utile de rappeler que les membres des organes délibérants des établissements publics sont nommés par l’exécutif soit par décret, soit par arrêté (à l’exception des représentants du personnel qui sont élus et d’autres membres désignés par d’autres autorités).

Les textes sont publiés au Journal Officiel pour les décrets et au Journal officiel  ou Bulletin officiel pour les arrêtés.

Certes, ces publications ne permettent pas d’avoir une vue d’ensemble de la composition d’un conseil d’administration mais elles permettent toutefois l’accès aux informations liées à la composition des conseils d’administration.

Le Secrétariat Général du Gouvernement dispose par ailleurs d’une liste des 400 entreprises et établissements dont les dirigeants sont nommés par décret et soumis aux obligations de parité (base « Gestion des mandats »).

En matière de contrôle, je rappelle que le Secrétariat Général du Gouvernement suit la mise en œuvre des obligations légales via le contrôle de la légalité des décrets et arrêtés de nominations avant leur publication au Journal Officiel.  A cette occasion, de nombreux échanges ont eu lieu avec les ministères et l’APE afin qu’ils se conforment aux obligations légales.

Par ailleurs, la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) suit mensuellement le taux de féminisation des nominations dans les emplois de direction et les primo-nominations dans ces mêmes emplois.

Le rapport de l’Etat actionnaire de l’agence des participations de l’Etat (APE) mentionne dans ses annexes l’identité des administrateurs de chaque conseil d’administration des entreprises publiques.

Je souhaite souligner l’importance d’assurer une coordination des institutions publiques. Il y a la mise en route, il y a également la mise en musique. J’ai également entendu la demande de visibilité accrue. Nous étudierons comment valoriser les efforts de ces institutions publiques.

3/ Enfin, il faut également rappeler la mobilisation des organisations et des corps intermédiaires.

Par exemple, les prochaines élections au des CCI régionales doivent permettre de faire un véritable bond en avant, un saut quantitatif et qualitatif.

J’étais avec la Secrétaire d’Etat au commerce, à l’artisanat, à la consommation et à l’économie sociale et solidaire au forum national des CCI sur la parité en janvier.

Nous y avons encouragé la modernisation des CCI, notamment à l’égard des efforts pour leur renouvellement qui devra être assuré en fin d’année à l’occasion des échéances électorales.

Car, sous l’impulsion de la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, les prochaines élections permettront une participation accrue des femmes,  dont la portée, je l’espère,  se situera entre 30 et 50 % des membres du réseau. Pour assurer le renouvellement, les Cci se sont dotées de correspondants parité qui vont grandement contribuer à la présence des femmes, et au renouvellement du réseau consulaire.

Vous le voyez nous comptons pleinement sur la capacité de mobilisation et sur l’esprit d’innovation de l’ensemble des acteurs à travers leurs nombreuses initiatives qui se développent sur tout le territoire, dont je salue la détermination et le professionnalisme.

Le gouvernement prendra toute sa part et sa responsabilité dans ce travail qui doit être un travail collectif. En termes d’actions, vous le savez le Gouvernement est pleinement mobilisé pour l’égalité femmes-hommes. Chaque ministère est engagé au travers de sa feuille de route pour l’égalité, qui fait l’objet chaque année d’une conférence gouvernementale.

Un comité interministériel pour l’égalité femmes-hommes est en cours. L’objectif est de trouver les mesures utiles et pertinentes pour aller plus loin encore.  La parité et l’égalité professionnelle y auront toute leur place.

***

Dans ce dispositif, mon rôle, c’est de fixer des orientations.

Je souhaite partager mes convictions sur les principes qui doivent guider notre action, en particulier dans le courant de l’année 2016 à la lumière de ce rapport.

La parité doit-être perçue comme une dynamique positive et non pas comme une contrainte. C’est comme cela que nous atteindrons nos objectifs. A ce stade de la mise œuvre de la loi,  il faut encourager les initiatives plutôt que renforcer les possibles sanctions – que nous ne perdons pas de vue et qu’il faudra rappeler.

Il faudra renforcer actions structurantes de l’Etat et fédérer les initiatives.

Il faudra aussi sensibiliser sur les aspects éthiques de la parité, mais aussi sur les arguments de performance économique, de meilleure gouvernance.

En effet, la  parité c’est d’abord et avant tout un impératif éthique et politique. Il faut sans cesse le revendiquer comme on revendique l’égalité, la liberté ou la fraternité et la sororité.

Mais la parité c’est aussi un levier pour l’efficacité de nos politiques économiques, un critère de compétitivité, un formidable outil pour la modernisation et le renouvellement de la gouvernance, …, qu’il s’agisse du secteur privé comme su secteur public. Les entreprises cotées du CAC 40 l’ont bien compris.

Nos progrès en matière de parité et d’égalité professionnelle doivent être compris comme un avantage comparatif pour la France dans la mondialisation.

La France doit être force de proposition. Elle doit défendre un modèle. Et pour convaincre de la pertinence de ce modèle, elle doit être exemplaire.

Nous avons acquis une expérience dans ce domaine, que nous devons conforter et amplifier.

Nous sommes bien souvent très critiques à notre égard – c’est bien naturel.

Mais nous avons également notre  devoir est  de donner des perspectives à notre pays.

Nous devons apporter un discours volontaire, c’est notre responsabilité. Comme dirait le philosophe, le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté…

La France est plus que jamais ouverte sur le monde avec ses idéaux, ses valeurs et donc avec la revendication de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Vous devez vous en convaincre, l’égalité est au cœur de l’image de la France.

Je ne doute pas de votre mobilisation.

Je vous remercie.

 

Lire le rapport du HCEFH

Intervention de Pascale Boistard lors du forum national Parité organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie – CCI France : « Femmes d’entreprises. Quels engagements pour quelle représentation ? » (25/01/2016)

Femmes.gouv.fr | Publié le 25 janvier 2016

pb-forum-parite

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président,
Madame la Présidente,
Mesdames et messieurs les élus, les représentant(e)s d’organisations patronales, chefs d’entreprises, les directeurs/rices et collaborateurs/rices,
Mesdames, messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous souhaiter une belle année 2016.

Nous venons de vivre une année des plus difficiles. Les événements de cette année, nous montre à quel point il est important de continuer de promouvoir notre idéal et nos principes de liberté, d’égalité et de fraternité/sororité.

Je souhaite également vous féliciter pour l’organisation de ce forum national des CCI sur la parité.

Vous voir réunis si nombreux et si nombreuses aujourd’hui autour de ce thème atteste déjà d’un mouvement en marche au sein de l’économie française.

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Discours de Pascale Boistard lors du lancement du Réseau des entreprises pour l’égalité – 24 juin 2015

Femmes.gouv.fr | Publié le 24 juin 2015

Seul le prononcé fait foi

Discours d’introduction :

 

Mesdames et messieurs les dirigeants d’entreprises,

Mesdames et messieurs engagés sur l’égalité professionnelle,

Mesdames et messieurs,

Aujourd’hui encore, les femmes ne sont pas les égales des hommes sur le marché du travail leur taux d’emploi à 66% est encore inférieur de 8 points à celui des hommes :

  • 30% sont à temps partiel (contre 7%pour les hommes)
  • Elles ont un choix de métiers plus restreint : 12 familles professionnelles concentrent plus de 50% des femmes
  • Elles sont moins souvent à la tête des organisations
  • Leur niveau de rémunération est inférieur d’un quart { celui des hommes.

La politique publique que je conduis vise à lutter contre ces inégalités intolérables.
Un rapport sera remis demain au conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes qui expose l’ensemble de la politique menée depuis 2012. Il sera sur notre site internet très rapidement.

Je vais ce soir vous la résumer autour de trois grands objectifs .

Le premier est l’insertion professionnelle des femmes

Munies des mêmes diplômes, les jeunes femmes ont plus de difficulté à trouver un CDI que les jeunes hommes. Plus tard, les interruptions liées aux grossesses et aux jeunes enfants, ainsi qu’aux congés parentaux, les temps partiels, peuvent empêcher les femmes de retrouver un emploi.

C’est pourquoi nous mettons en place des accompagnements adaptés à ces femmes, et notamment à celles qui habitent des quartiers où l’emploi est moins accessible, ou bien qui ont passé un temps long hors du marché du travail.

C’est pourquoi également nous travaillons avec les secteurs d’activité, tels les services { la personne, qui proposent aujourd’hui des contrats de travail trop courts qui ne permettent pas l’indépendance financière.

C’est pour ces femmes également, notamment lorsqu’elles ont { leur charge des enfants, que nous avons renforcé les soutiens publics { leur pouvoir d’achat, de la garantie de paiement des pensions alimentaires, à la prime d’activité, en passant par la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire ou de l’allocation de soutien familial.

L’ insertion professionnelle peut également passer par la création de sa propre entreprise et de son propre emploi, et c’est pourquoi nous conduisons un ambitieux plan pour l’entreprenariat au féminin, qui vise le taux de 40% de créatrices d’entreprise contre seulement 30% aujourd’hui.
Le deuxième objectif est la mixité des métiers
En effet, nous considérons qu’il est essentiel qu’hommes et femmes choisissent leurs métiers en fonction de leurs affinités et non de leur sexe. Or, seuls 12 familles professionnelles sur 87 sont mixtes.

Pour combattre le fait que la quasi-totalité des assistantes maternelles sont des femmes et la quasi-totalité des programmeurs informatiques des hommes, nous avons constitué une plate forme pour la mixité des métiers, qui doit permettre en 2025 d’atteindre un tiers de métiers mixtes contre 12% aujourd’hui.

Cette plate forme concerne tous les acteurs influents dans le choix et l’exercice d’un métier : l’éducation nationale, les acteurs de l’orientation, les secteurs professionnels, les acteurs qui sensibilisent le grand public.

Enfin, notre troisième objectif est l’égalité sur le marché du travail
Depuis 30 ans, de nombreuses lois ont encadré l’égalité professionnelle au sein des entreprises.
Après l’abolition de la notion de salaire d’appoint, les lois ont posé le principe d’un salaire égal pour un travail égal, puis pour un travail de valeur égale. Les lois ultérieures ont posé des objectifs chiffrés de la présence de femmes dans les instances de gouvernance, et des outils d’analyse et de correction des inégalités dans les entreprises.

La loi pour le dialogue social en cours de discussion au Parlement transforme ces outils. En simplifiant les modalités de négociation des entreprises, elle les rendra plus efficaces. La base de données unique maintient l’exigence de pilotage de 9 domaines d’analyse de la situation des femmes et des hommes dans l’entreprise.

Le thème de l’égalité professionnelle est placée au centre de la négociation annuelle obligatoire sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail. Elle exige de faire le point sur l’égalité dans la négociation obligatoire sur les rémunérations, mais aussi dans celle sur les parcours professionnels. Comme auparavant, les accords ou plans d’action seront déposés et contrôlés par l’administration. Les entreprises qui ne respectent pas leurs obligations seront financièrement sanctionnées.

Enfin, cette loi améliore la présence équilibrée des femmes et des hommes dans les instances de représentation, au sein des entreprises, mais aussi au niveau des commissions régionales représentant les petites entreprises.

Les lois posent le cadre et les objectifs de l’égalité.

Sa réalisation concrète ne peut se faire qu’au sein des entreprises.

C’est pourquoi, au-delà des lois, les outils de mobilisation des acteurs sont si importants.

Les labels Permettant d’offrir un cadre et des objectifs aux politiques d’égalité et de diversité des entreprises, ces labels seront, dès cet été, rénovés ; ils seront plus simples d’accès et moins coûteux. J’espère ainsi qu’un grand nombre d’entreprises vont s’engager dans la double labellisation et je vous invite dès à présent à cela.

  • les conventions – dont nous aurons l’occasion de reparler { la fin de cette séance -,
  • les palmarès, qui permettent à chacun de positionner ses efforts,
  • l’accompagnement au niveau national via notre site ega pro.fr et au niveau local via les réseaux associatifs et les partenaires sociaux sont d’autres moyens de faire progresser le sujet de l’égalité.

La réunion de ce soir, et le réseau des entreprises engagées pour l’égalité que nous lançons, participe à ce mouvement de mobilisation
Depuis mon arrivée, j’ai été souvent sollicitée par des entreprises qui m’ont confié leur souhait d’échanger avec d’autres organisations ou entreprises sur des actions concrètes.
Car si tout le monde s’entend sur l’objectif, les moyens qui permettent de l’atteindre, ne sont pas évidents, tant les raisons conduisant aux inégalités sont complexes.
Il est donc utile de partager les expériences, les succès mais aussi les fausses bonnes idées.

Constitué

  • d’entreprises qui ont réalisé des actions et d’entreprises qui s’interrogent encore sur la manière de mobiliser sur ce sujet,
  • de grandes entreprises et de plus petites,
  • d’entreprises très féminisées et d’autres moins,
  • d’entreprises internationales et d’autres nationales,

ce réseau a pour objet de vous réunir autour de problématiques d’égalité qui vous sont communes.

Il doit permettre :

  • de prendre un peu de recul, en donnant le cadre général des inégalités, permettant ainsi de vous situer dans l’environnement national. Mais surtout, ce réseau
  • d’échanger sur des solutions concrètes, pratiques, parfois toutes simples comme vous allez le voir, mais qui fonctionnent réellement, qui font réellement progresser l’égalité.

La réunion de ce soir est consacrée à l’égalité salariale.
Deux autres réunions seront programmées, sur des sujets qui nous semblent également centraux, que sont

  • la promotion des femmes et la mixité à tous les niveaux de l’entreprise. Cette réunion est prévue le 9 octobre, le jour de la remise du palmarès de la féminisation des instances dirigeantes
  • la question de l’organisation du temps de travail, prévue { la fin de l’année 2015.

Gisèle Szczyglak, qui va animer pour nous ce réseau, va vous décrire brièvement le fonctionnement que nous proposons, et dont, j’espère, vous allez vous emparer pour faire vivre un réseau actif autour de toutes les initiatives que vous prenez pour favoriser l’égalité dans vos entreprises entre les femmes et les hommes.

Merci donc de votre engagement et de votre intérêt, et bonne séance.

 


 

Discours sur les conventions

 

Déjà 27 entreprises ont signé avec mon ministère une convention en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, depuis 2012,

Une partie d’entre elles sont représentées ici ce soir. Je sais les autres intéressées par cette démarche d’échange.

Pour les entreprises, ces conventions sont un engagement public de leur action. Et aussi un moyen de se doter d’objectifs toujours plus ambitieux pour faire advenir l’égalité réelle.

Les conventions actuelles portent sur quatre sujets :

  • La mixité des métiers
  • La progression des femmes dans l’entreprise, avec des objectifs chiffrés pour les comités exécutifs et les comités de direction.
  • L’articulation des temps de vie, et en particulier la gestion des retours de congés maternité et parentaux et l’incitation des pères { partager les tâches parentales.
  • La transmission de bonnes pratiques auprès des PME – TPE

Chaque entreprise a proposé des actions qui correspondent aux pratiques de son secteur d’activité, de sa taille, de son implantation, de son taux de féminisation, de ses besoins en recrutement.

Toutes ont fixé des objectifs de progression.

A l’issue de 18 mois de vie de ces conventions, j’ai souhaité en faire un bilan. Vous, entreprises conventionnées, avez accepté de répondre aux questions du service des droits des femmes , et de faire avec nous le point sur vos avancées. Je vous en remercie. Je voulais indiquer en quelques mots la richesse des actions que vous avez conduites, au-delà des quelques expériences que nous avons mis ce soir en lumière.

Beaucoup d’entreprises ont construit un diagnostic qui va au-delà des obligations légales. Accenture suit mensuellement les promotions. HSBC a installé une commission pour suivre les chiffres, Randstad et Schneider electrics , ont présenté leurs outils.

Certaines pensent ces inégalités salariales dans le cadre plus général du label égalité,. Je pense à Axa, BNP Paribas ou Casino.

Nombre d’entre vous ont mis en place des mesures de rattrapage, telles Air France ou LVMH. Pour compenser les inégalités qui sont plutôt liées à la carrière, des entreprises ont mis en place des revues des talents, comme Areva ou EADS. Symboliquement, Engie a placé { son conseil d’administration plus de femmes que d’hommes.

D’autres, identifiant à juste titre comme un moment crucial le retour de congé maternité, ont prévus des dispositions de rattrapage à son issu, comme Axa, la Caisse des Dépôts ou encore la SNCF et Total. Carrefour travaille sur le temps partiel subi.

Résultat de leurs efforts, plusieurs entreprises ont des inégalités très faibles par rapport à la moyenne nationale ; c’est le cas par exemple d’Orange, Accor, Coca Cola, EDF, Michelin , Orangina ou La Poste, cette dernière étant historiquement une entreprise de lutte pour l’égalité.

Ces quelques exemples n’épuisent bien sûr pas les actions que vous avez conduites.

Mais ils montrent que des solutions existent, et, plus important encore, qu’elles fonctionnent. Cela justifie { mon sens pleinement la démarche de convention, et celled’échange que nous initions aujourd’hui.

Cette réussite est sans doute une des raisons pour lesquelles d’autres entreprises ont souhaité s’engager dans cette démarche vertueuse, et montrer leur engagement au travers d’une convention sur l’égalité. Nous allons en signer deux nouvelles dès ce soir.

Ces conventions portent sur les mêmes thématiques que les précédentes, mais j’ai voulu qu’elles fassent en plus un point particulier sur le sujet de la communication externe. Car en plus d’être des employeurs, les entreprises sont des acteurs sociaux, qui véhiculent des messages. Ceux-ci se doivent d’être aussi exemplaires que leur politique interne.

J’appelle tout d’abord l’entreprise Korian et monsieur Yann COLEOU son directeur général. J’ai eu l’occasion, en octobre dernier, de vous remettre un prix dans le cadre du palmares de la féminisation des instances dirigeantes, ce qui montre déjà que vos efforts passés sont couronnés de succès. Ce soir, vous allez réaffirmer votre engagement en faveur de l’égalité, et je sais que vous vous êtes fixés des objectifs intéressants. Je vous en félicite.

J’appelle ensuite l’entreprise Sodexo et Mme Anna NOTARIANI, Présidente Sodexo France. En octobre dernier, j’ai également eu le plaisir de récompenser votre entreprise, pour une première place au palmares des instances dirigeantes ; depuis, votre engagement en faveur de l’égalité a été reconnu dans un autre classement (celui de l’école skema), et vous avez signé ici même la charte Autre Cercle pour l’inclusion des personnes LGBT. C’est dire si votre entreprise est soucieuse d’égalité. Cette convention est l’occasion pour vous de réaffirmer votre engagement, et de vous donner de nouvelles perspectives de progrès. Bravo.

Notre séance touche à sa fin, je vous remercie tous de votre engagement et de votre intérêt.

Je vous donne rendez vous au mois d’octobre pour une séance sur la promotion des femmes et la mixité, et vous convie à prendre un rafraîchissement.

Pascale Boistard lance le Réseau des entreprises pour l’égalité

Femmes.gouv.fr | Publié le 24 juin 2015

Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, a lancé aujourd’hui le Réseau des entreprises pour l’égalité.

Ce réseau, créé par le Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes est dédié à l’information et au partage de bonnes pratiques sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Il regroupe toutes les entreprises souhaitant participer à cette dynamique pour l’égalité. Parmi elles, 27 entreprises avaient déjà signé une convention en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, proposant des actions et fixant des objectifs de progression. Korian et Sodexo ont aujourd’hui signé à leur tour une convention.

Cette première réunion thématique, consacrée à la question de l’égalité salariale, a permis de faire le point sur le niveau et les caractéristiques de ces inégalités et d’étudier des  solutions mises en œuvre dans les entreprises. Deux autres initiatives sont prévues en 2015, sur la promotion des femmes et la mixité à tous les niveaux de l’entreprise et sur l’organisation du temps de travail.

« Aujourd’hui encore, les femmes ne sont pas les égales des hommes sur le marché du travail. Nos politiques publiques luttent contre les inégalités. Au-delà de l’application des règles, l’égalité réelle passe par le travail au quotidien des acteurs. J’ai été souvent sollicitée par des entreprises qui m’ont confié leur souhait d’échanger avec d’autres des actions concrètes, car si l’objectif d’égalité est maintenant souvent partagé, les solutions ne sont pas encore évidentes.» a déclaré Pascale Boistard (Lire le discours).

« Ce réseau doit permettre d’aider les entreprises à prendre du recul pour mieux identifier les inégalités et d’échanger sur des solutions concrètes et pratiques , qui font réellement progresser l’égalité. » a conclu la ministre.

Le discours de Pascale Boistard, Secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes.

En savoir plus sur le lancement du Réseau entreprises pour l’égalité

Discours de Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, à l’occasion de « Planète PME » (17 juin 2015)

Femmes.gouv.fr | Publié le 18 juin 2015

Seul le prononcé fait foi

Mesdames,  messieurs,

Je vous remercie de m’accueillir ce matin pour la séance plénière restituant les travaux de votre groupe sur l’entreprenariat au  féminin.

Les chiffres sont désormais trop connus :

  • seul un entrepreneur sur 3 est une femme, seul un créateur d’entreprise innovante sur 10 est une femme.

Pourtant, les femmes sont attirées par l’entreprenariat, comme leurs homologues masculins.  20% des femmes comme des hommes souhaiteraient monter leur entreprise.
C’est donc un potentiel considérable, de plusieurs millions d’entreprises, qui ne voit pas le jour !

Que manque-t-il alors pour que les femmes se lancent dans cette aventure ?

J’ai coutume de dire : rien.

Aujourd’hui aussi diplômées que les hommes, aussi motivées,  aussi inventives, elles devraient être aussi nombreuses à se saisir de cette opportunité.

Je crois donc que ce qui entrave aujourd’hui les  femmes potentielles entrepreneures, ce sont  les freins sociaux, les stéréotypes. Il faut les combattre. J’ai noté dans la restitution de vos travaux que vous étiez parvenus aux mêmes conclusions que moi.

Ce combat contre les stéréotypes qui s’imposent aux femmes, je le conduis à  travers le  plan pour l’entreprenariat au féminin, lancé par le gouvernement en 2013..

Il a pour ambition de faire passer le nombre de créatrices d’entreprises de 30 à 40% en 2017.

Il comprend trois piliers.

1 – Il encourage les vocations, au travers par exemple de la semaine de sensibilisation à l’entreprenariat au féminin, ou au site elles entreprennent. J’ai noté dans vos travaux que vous parliez d’ « agir en amont pour semer la petite graine », et je  crois que vous avez raison.

Tous les exemples, montrés aux jeunes, ou aux moins jeunes, femmes, sont autant d’occasion pour elles de se dire  « pourquoi pas moi ? ».

C’est pourquoi vos trophées de l’entreprenariat au féminin sont importants. Ils montrent que des femmes réussissent à monter de belles entreprises dans des domaines variés : innovations, nouvelles technologies, économie sociale et solidaire.

Cet encouragement fonctionne : la semaine de sensibilisation à l’entreprenariat au féminin rencontre un succès croissant, doublant chaque année les interventions dans les écoles, collèges, lycées ! Cette année, ce sont ainsi 10 200 jeunes qui ont bénéficié d’une rencontre avec une femme entrepreneure, organisée par l’association 100 000 entrepreneurs.

2 – Le plan entreprenariat au féminin  accompagne les projets des femmes.
Vous l’avez dit : devenir entrepreneur ne s’improvise pas. Il est utile de disposer d’un soutien technique et concret, sur le développement financier, commercial, industriel, d’une entreprise. Le passage de la bonne idée à la belle entreprise nécessite une ténacité qu’il faut soutenir.

Ce soutien, et cette mise en réseau des compétences, est le rôle des associations, des plus spécialisées comme les Pionnières, aux plus généralistes, et aussi des chambres consulaires et des organisations interprofessionnelles comme la CGPME.

Cet accompagnement contribue à  rendre  viables les projets. Je sais d’ailleurs que, dans de nombreux réseaux, une réflexion est engagée sur la durée de l’accompagnement. Habituellement de trois ans, cette durée est actuellement souvent proposée, jusqu’aux cinq ans des entreprises, afin de passer de la phase de développement à la phase de croissance des entreprises.

3 – Enfin le plan facilite le financement.
Si certaines banques sont désormais conscientes du potentiel de croissance représenté par les entreprises montées par des femmes, d’autres ne l’ont pas encore compris.

Le Fond de Garantie à l’Initiative des Femmes a alors vocation à  rassurer les prêteurs. Ce fond  s’avère  très utile : chaque année, son importance augmente. Il a ainsi soutenu en 2014 : 1 863 projets.

Le taux d’utilisation effective de la garantie montre la confiance que nous pouvons avoir dans les projets des femmes, puisque  80% des prêts adossés à cette garantie ne l’utilise finalement pas.

Devant ce succès, et pour que les femmes puissent voir plus grand, et que les banques les accompagnent plus loin, le montant garanti passera cette année de 27 000€ à 45 000€.

Par ailleurs, un fond européen pour l’investissement viendra consolider  l’utilisation de cette garantie, lui donnant encore de l’essor.

Ce plan, constitué en 2013, suscite un grand enthousiasme de ses partenaires : la Caisse des dépôts, trois réseaux bancaires, 14 réseaux d’accompagnement, les chambres consulaires et l’ensemble des régions ont œuvré depuis cette date pour le déployer au cœur de tout le territoire français..

Toutes les régions sont désormais couvertes par un plan d’action régional, qui permet, en tenant compte des spécificités économiques et sociales locales, de développer les entreprises partout en France. Car vos travaux le soulignent également : le lien avec le territoire est indispensable pour les jeunes entreprises.

Et d’ailleurs, le renouvellement de la convention cadre avec la Caisse des Dépôts en février met bien en avant cette dimension locale dans la détermination de trois objectifs centraux.

  • premièrement, le développement de l’entreprenariat des femmes dans les territoires ruraux. Dans ces territoires, la création d’entreprise est à la fois un facteur de dynamisme économique et de cohésion sociale, car elle crée de l’emploi local.
  • deuxièmement, le développement de l’entreprenariat des femmes dans les quartiers de la politique de la ville. Les enquêtes montrent ainsi que sur ces territoires, l’accès aux institutions et aux financements est moins important, et nous devons accompagner plus fortement les projets des femmes qui y habitent.
  • Troisièmement, la reprise d’activité. Mon expérience en Picardie me rend particulièrement sensible à ce sujet : nous avons en France de belles entreprises, dont la disparition serait un risque social, économique, et une perte de savoir faire.
    Pour éviter cela, il faut accroître le nombre de repreneurs potentiels, et comment mieux qu’en incitant la moitié de la population à  s’engager encore plus dans cette voie. Là encore, les femmes constituent un potentiel insuffisamment exploité.
    Pour cela, il faut qu’elles soient plus et mieux informées des entreprises à reprendre, et que les réseaux bancaires acceptent de leur faire plus confiance. Les CCI ont ici un rôle d’information et d’accompagnement, central.

Vous le voyez, le gouvernement, et à ses côtés l’ensemble des acteurs économiques, associatifs, financiers, sont fortement mobilisés autour de ce réservoir de croissance que constitue l’entreprenariat féminin.

Car tous ont compris que la création d’entreprise par les femmes était un enjeu majeur.

  • un enjeu pour les femmes, qui peuvent, en créant leur emploi et en réalisant leurs projets, devenir plus libres et autonomes.
  • un enjeu pour notre économie, par le développement de la créativité, et en renforçant son attractivité.
  • un enjeu pour la cohésion sociale, en créant des emplois.

C’est pourquoi je crois votre démarche utile et importante, afin de  joindre toutes nos forces, toutes nos idées, au service de  l’entreprenariat au féminin.

Je vous remercie.

Le gouvernement et la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment signent un plan pour la mixité dans le secteur de l’artisanat du bâtiment

Femmes.gouv.fr | Publié le 4 juin 2015

Najat Vallaud Belkacem, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Egalité des territoires et de la Ruralité, Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, et Carole Delga, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire, saluent la signature ce jour, à l’occasion de la réunion annuelle de la Commission Nationale des Femmes d’Artisan, du plan pour la mixité avec la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB).

Dans un secteur employant 685 400 personnes et dans lequel les femmes représentent seulement 11% des effectifs des petites entreprises, la mixité est un enjeu important. Elle offre à chacune et à chacun la liberté de choisir un métier et permet aux entreprises d’attirer tous les talents. Contrairement aux idées reçues, la force physique n’est plus un préalable dans les métiers du bâtiment, lesquels offrent des possibilités de créativité, de flexibilité et des perspectives de promotion importantes et rapides.

Ce plan s’organise autour de 4 objectifs :
– Une orientation plus ouverte pour les jeunes filles et des jeunes garçons, notamment avec l’appui du nouveau parcours mis en place au bénéfice des élèves à partir de la rentée 2015 ;
– Un travail sur les stéréotypes liés à ces métiers ;
– La promotion de la mixité et de l’égalité au sein des entreprises ;
– Des acteurs publics mobilisés pour créer un environnement favorable à l’engagement des femmes dans ces métiers.

Ce plan s’inscrit dans la volonté gouvernementale d’atteindre l’objectif d’un tiers des métiers mixtes d’ici à 2025, contre seulement 12% aujourd’hui. Afin d’y parvenir, le gouvernement a lancé depuis mars 2014 une plateforme pour la mixité des métiers, que ce plan met en œuvre concrètement dans le secteur du bâtiment.

Des actions concrètes sur le terrain, dans les établissements scolaires, les entreprises, déclineront ce plan de promotion des métiers du bâtiment auprès des publics féminins, tels que le concours « Conjuguez les métiers du bâtiment au féminin », ou l’opération artisans messagers, lancée dans les écoles. L’entreprenariat, notamment la reprise d’entreprises, sera favorisé, grâce à un d’accompagnement spécifique des projets portés par des femmes. La place des femmes conjointes artisan sera mieux valorisée grâce à la promotion d’un statut dédié. Enfin, la Capeb s’engage à promouvoir auprès des entreprises de son réseau la mixité et l’égalité, notamment au moment de l’accueil des apprentis.

Discours de Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, en ouverture du Forum « Happy Men » le 4 Juin 2015

Femmes.gouv.fr | Publié le 4 juin 2015

Mesdames et messieurs les dirigeants et dirigeantes d’entreprises,
Chers Happy men, chers hommes et femmes engagées au quotidien dans l’égalité et dans la mixité au sein la vie personnelle et professionnelle,

Les femmes et les hommes n’occupent pas la même place sur le marché du travail. Le chiffre de 25% d’écart de rémunération révèle des différences, en matière :
– de recours au temps partiel,
– de type de métiers occupés,
– de types de postes occupés.

Ce système d’inégalités est non seulement injuste, il est aussi négatif pour les entreprises. Les travaux le montrent : ce sont les entreprises mixtes et égalitaires qui sont aussi les plus performantes.

La société dans son ensemble évolue. Ce système d’inégalités est de plus en plus souvent rejeté, non seulement par les femmes, mais aussi par les hommes.

Vous étiez venus l’année dernière, présenter ici même une enquête que vous avez conduite auprès de cadres. Elle soulignait que les hommes, et surtout les plus jeunes, contestent la répartition traditionnelle des rôles sociaux, avec des femmes et des hommes spécialisés, les unes dans les tâches parentales et domestiques, les autres dans l’investissement professionnel.

Ainsi, aujourd’hui, hommes et femmes souhaitent une vie équilibrée, dans le champs professionnel comme dans l’espace personnel.

C’est ce constat qui vous a amené, Monsieur Antoine de Gabrielli et vos collègues à constituer le réseau « Happy Men ».

Et c’est pourquoi je crois également important et utile que les hommes s’investissent dans l’égalité entre les femmes et les hommes.

Toute la politique que je conduis fonctionne sur cette logique, de partage et d’égalité.

Je constate régulièrement dans mes échanges avec mes homologues à l’international à quel point nous sommes sur le bon chemin. Et de fait par exemple, si nous considérons le sujet des quotas : la part de femmes dans nos conseils d’administration, à hauteur de 33 % est nettement supérieure à la moyenne européenne.

Au-delà de la loi, c’est l’engagement des acteurs qui est important, un engagement constructif et partagé. Ainsi par exemple, les plans pour la mixité des métiers que je porte, visent à accroître le nombre de femmes dans les métiers traditionnellement masculins, comme le transport, ou le bâtiment ET à accroître le nombre d’hommes dans les métiers traditionnellement féminins, tels l’accueil des jeunes enfants ou le soin aux plus âgés. Car les femmes peuvent vouloir conduire des bus, et les hommes travailler avec des jeunes enfants.

C’est dans cette approche partagée que nous pouvons réussir à construire une société plus égalitaire.
Votre réseau fonctionne tout à fait sur ce principe.

Sur le plan symbolique, en montrant votre engagement, vous donnez de l’importance à l’égalité professionnelle. Vous donnez de la légitimité aux aspirations d’équilibre des hommes.

Mais aussi, sur le plan pratique, dans vos entreprises, vous bâtissez au quotidien une meilleure organisation pour tous.
C’est pourquoi je suis heureuse aujourd’hui de vous accueillir au ministère, comme je l’avais fait à l’occasion de la publication de votre étude, et d’ouvrir votre journée de réflexion, dont les séquences ont des titres évocateurs, comme « les hommes sont ils en train de changer ? » ou « réussir ensemble ».

Je vous félicite pour votre engagement, et je note que les entreprises qui sont vos partenaires sont souvent connues pour leur mobilisation constante sur ce thème : BNP Paribas, GDF Suez, EDF, la Caisse des Dépôts, Orange, la SNCF, ING Direct qui accompagnent ce réseau utilisent également d’autres voies pour promouvoir les femmes, favoriser la mixité des métiers. Je constate avec plaisir que BETC, connu pour son engagement, mais aussi la maison bleue et la société Ricard, qui participent à vos travaux.

Je vous souhaite une excellente journée, de beaux échanges, et surtout un grand succès dans les actions que vous menez pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Discours de Pascale Boistard lors du colloque « Femmes citoyennes » organisé à l’occasion du premier vote des femmes (19 mai 2015, Sénat)

Femmes.gouv.fr | Publié le 20 mai 2015

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Ministre,

Madame la Présidente de la délégation aux droits des femmes au Sénat,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Madame la Présidente du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes,

Mesdames et Messieurs,

Condorcet s’interrogeait en ces termes : «  Tous (les hommes) n’ont-ils pas violé le principe de l’égalité des droits, en privant tranquillement la moitié du genre humain de celui de concourir à la formation des lois, en excluant les femmes du droit de cité ? Est-il une plus forte preuve du pouvoir de l’habitude même sur les hommes éclairés, que de voir invoquer le principe de l’égalité des droits en faveur de trois ou quatre cens hommes qu’un préjugé absurde en avait privée, et l’oublier à l’égard de douze millions de femmes ? »

Nous sommes en 1790 et ce n’est que près de 150 ans plus tard que les femmes obtiendront le droit de vote.

150 ans de combats, d’Olympe de Gouges à George Sand, en passant par Hubertine Auclert. Olympe de Gouges dont nous avons célébré l’anniversaire le 7 mai à l’Assemblée nationale et qui sera mise à l’honneur en octobre prochain avec la création d’un buste à son effigie qui sera installé à proximité de l’hémicycle dans la salle des Quatre colonnes.

150 ans pour démontrer l’évidence : les femmes sont l’égal des hommes et doivent avoir les mêmes droits civiques.

Cette inégalité fondamentale n’était plus tenable après que les femmes ont lutté activement dans la résistance pendant la seconde guerre mondiale, ce que nous avons souhaité montrer dans l’exposition « femmes et résistance » qui se trouve activement sur les grilles de l’hôtel de ville de Paris.

Les femmes ont donc voté pour la première fois le 29 avril 1945.

Et elles se sont présentées aux élections aussi, et ça n’a pas toujours été simple.

Il leur a fallu du courage et de la détermination.

Certaines ont été élues Maires dès 1945. Je pense à Pierrette Petitot, Maire de Villetaneuse de 1945 à 1977 ou encore à Odette Roux, Maire des Sables d’Olonne de 1945 à 1947.

La participation et la représentation des femmes en politique sont restées compliquée par la suite, comme le souligne dans un entretien qu’elle a accordé à la délégation des droits des femmes au Sénat Cécile Godet, ici présente, et que je salue, sénatrice de Paris de 1979 à 1986,.

De nombreux combats, de nombreuses revendications ont perduré depuis ce 29 avril 1945.

Nous pouvons donc nous demander si, 70 ans après, l’égalité entre les femmes et les hommes est réelle dans la sphère politique ?

Et bien, les avancées sont nombreuses et nous pouvons nous en réjouir.

La réforme constitutionnelle de 1999 et les lois dites de parité forment des leviers majeurs pour que les femmes soient également représentées dans les assemblées.

La loi de 2013, instaurant notamment le binôme aux élections départementales, constitue également un grand pas en avant. Aujourd’hui, les assemblées départementales sont composées de 50% de femmes contre un peu moins de 14% auparavant.

La loi du 4 août pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, au-delà des nombreuses dispositions en faveur des droits des femmes, renforce les pénalités  prévues à l’encontre des  partis politiques dans le cadre des élections législatives.

De nombreuses lois ont donc été promulguées et appliquées.

De nombreuses lois car nous avons pu le constater, les mesures incitatives et l’empressement des hommes politiques à partager les responsabilités, n’avaient pas fonctionné de manière optimale.

Mais au-delà des lois, la volonté politique est un moteur essentiel de cette égalité, à l’image du gouvernement actuel composé d’autant de femmes que d’hommes.

Oui, la volonté politique est fondamentale.

Il faut que les partis politiques se mobilisent davantage.

Il faut que les présidences des exécutifs se féminisent un peu plus et que les délégations attribuées s’écartent de critères toujours trop sexistes.

Autant de chemin qu’il nous reste encore à parcourir collectivement.

De même, vous venez d’aborder la question de la conciliation des temps de vie et de toutes les sortes de clichés qui perdurent.

Il est vrai que l’on demande souvent à une femme comment elle peut concilier vie de famille et politique ; question que l’on ne posera jamais aux hommes.

Il est vrai aussi qu’en politique, les comportements sexistes existent encore et toujours. A l’égard des femmes politiques mais pas seulement, comme le souligne la tribune du 4 mai dernier des 40 journalistes. Et malheureusement, les plus jeunes s’attellent parfois avec un zèle particulier à reproduire des comportements archaïques que l’on voudrait disparus.

Ce sont là de nouveaux défis, pour les droits des femmes, mais aussi pour les hommes qui sont de plus en plus nombreux à rejeter les répartitions sexistes des tâches et à aspirer à une meilleure répartition entre leur vie politique et plus largement professionnelle, et leur vie familiale.

Ces défis, le gouvernement, est déterminé à les relever.

Nous devons continuer à agir ensemble : institutions et associations.

Et c’est en mobilisant l’ensemble de la société que nous y parviendrons.

Je tiens à remercier particulièrement Chantal Jouanno et les intervenants présents qui ont fait de ce colloque un moment riche et passionnant.

Et je remercie également toutes les femmes, et les hommes, qui chaque jour s’engagent pour que l’égalité soit réelle entre les femmes et les hommes.

Discours de Pascale Boistard à l’occasion de la remise des Trophées de l’entreprenariat au féminin (18 mai 2015, CESE)

Femmes.gouv.fr | Publié le 20 mai 2015

Monsieur le président de la CGPME,

Mme la vice présidente chargée de l’entreprenariat au féminin, présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité du CESE

Madame la secrétaire générale,

Mesdames,

Messieurs,

 

Je suis ravie d’être parmi vous ce soir pour les deuxièmes trophées de entreprenariat au féminin.
Je vous remercie de cette occasion que vous me donnez de saluer votre action, et, avec elle, toutes les femmes qui s’engagent dans cette belle aventure qu’est l’entreprenariat.

Vous le savez, le gouvernement soutient avec une grande force l’entreprenariat des femmes.
En effet,  à la fois source d’émancipation et de liberté pour les femmes, mais aussi facteur de compétitivité et d’emploi, l’entreprenariat féminin remplit des objectifs de justice sociale et de performance économique. C’est la conjonction de ces deux grands enjeux qui nous ont incités à créer, en 2013, le plan pour l’entreprenariat au féminin. Ce plan, vous le savez, a pour objectif d’accroître le nombre de femmes entrepreneures, en passant de 30% à 40% le pourcentage de femmes parmi les créateurs d’entreprise.

Je vois ici nombre de nos partenaires usuels, et je sais en outre que l’après midi a été longue et dense, je ne vais donc pas vous faire un nouveau point sur les trois grandes piliers de ce plan : sensibilisation, accompagnement et financement, auxquels plusieurs d’entre vous contribuent d’ailleurs.

Je voulais en revanche évoquer les nouveaux axes de ce plan. Ces axes ont été définis lors du renouvellement, en février 2015, de la convention avec la Caisse des dépôts et consignations, et ont fait l’objet d’une attention particulière lors des comités interministériels à la ruralité et à l’égalité et la citoyenneté.

Tout d’abord, un ciblage plus important sur les zones rurales et les quartiers prioritaires de la ville. Dans les zones rurales, l’entreprenariat est moins développé – et l’entreprenariat féminin en particulier. Or, nous le savons, les jeunes entreprises créent de l’activité économique sur leur territoire, car elles se fournissent localement ; elles créent ainsi, au-delà de leurs seuls salariés, de l’emploi et de la cohésion sociale. Nous allons donc porter un regard plus attentif à ces territoires, et développer des projets adaptés pour ces zones.
Dans les territoires urbains sensibles, où les entrepreneurs et entrepreneuses sont aussi voire plus nombreux que dans les autres territoires, ce sont les financements qui manquent. Là encore, nous allons déployer des actions, avec les réseaux bancaires et les missions locales, pour permettre à ces projets de voir le jour.

Deuxièmement, nous avons mis l’accent sur la reprise d’activité. En effet, trop d’entreprises, faute de repreneurs, disparaissent. Or, les femmes sont encore trop peu investies dans les reprises. Nous espérons que l’accroissement du montant maximal garanti par le FGIF, qui passe de 27 000 € à 45 000€, permettra à un plus grand nombre de femmes de pouvoir reprendre une entreprise.  Je me réjouis à ce titre qu’une de vos catégories de lauréates porte sur ce thème.

Je voulais ensuite évoquer le grand intérêt que suscitent nos politiques à l’étranger.
Je rentre tout juste du Global Summit of Women, sommet international qui s’est tenu cette année à Sao Paulo, et qui réunit des ministres, des femmes entrepreneures ou dirigeantes d’entreprise, des femmes engagées dans la vie associative, venant de tous les pays du monde, pour échanger sur les pratiques permettant de développer l’autonomie économique des femmes. J’y ai présenté notre plan pour l’entreprenariat au féminin, qui a remporté un grand succès, en particulier sur la dimension de financement – le fond de garantie à l’initiative des femmes – et sur la sensibilisation – la semaine de sensibilisation à l’entreprenariat au féminin – . Sur l’entreprenariat, et d’ailleurs sur l’égalité femmes / hommes en général, la France est attendue et observée comme un pays modèle ; les nominées pour la catégorie « export » des trophées peuvent continuer à porter cette bonne parole et à être fières de notre pays.

Pour conclure, car je sais que votre impatience de découvrir le palmarès est grande, je voulais saluer l’initiative que vous prenez autour de cette journée d’assises de l’entreprenariat au féminin. Les thèmes que vous avez abordés aujourd’hui permettent :

  • de mobiliser les acteurs – je pense à l’atelier sur les freins -,
  • de valoriser les soutiens dont peuvent bénéficier les femmes qui souhaitent entreprendre – je pense à l’atelier sur le financement -,
  • de donner de bons conseils pratiques – comme les 10 pièges à éviter – ,
  • d’ouvrir la réflexion sur d’autres thématiques importantes de l’égalité – comme l’atelier sur la mixité.

Sur ce point précis, je voulais vous exprimer ma conviction que tous ces sujets concernant l’égalité professionnelle entre femmes et hommes sont liées : promouvoir l’entreprenariat en général, mais aussi promouvoir l’entreprenariat dans les secteurs trop masculins comme le secteur des nouvelles technologies, permet d’ouvrir les possibilités pour les femmes mais aussi pour les hommes de choisir leur métier, leur carrière, indépendamment des stéréotypes.

Ainsi, je vous remercie tous de contribuer à la liberté de tous et de toutes, à la compétitivité de la France et à l’émancipation des femmes, en offrant un lieu de réflexion, et en valorisant  les femmes qui ont osé et réussi, montrant ainsi la voie à d’autres potentielles entrepreneuses.

Mais je crois qu’il est précisément temps de récompenser ces femmes courageuses.

 

 

Pascale Boistard présente le plan pour l’entreprenariat des femmes au Global Summit of Women (14 mai 2015, Sao Paulo)

Femmes.gouv.fr | Publié le 20 mai 2015

Madame la Présidente,

Madame la Vice-présidente,

Madame la Ministre du secrétariat des politiques pour les Femmes,[1]

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Excellences,

Madame la présidente du Sommet Global des Femmes,

Mesdames et Messieurs,

 

C’est un honneur que de prendre la suite de la représentante de notre pays hôte, Madame la Ministre Menicucci.

Pour la France, participer de manière active au Sommet Global des Femmes est aussi une façon de faire valoir notre engagement à promouvoir l’indépendance économique des femmes et l’entreprenariat des femmes.

La France a en effet toute sa place dans ce panel intitulé« accroître la place des femmes dans le développement économique », car depuis l’entrée en fonction de notre Gouvernement, la France a mené des politiques volontaristes pour promouvoir la participation des femmes à la vie économique et notamment au sein de l’entreprise.

C’est pour cela que le projet, porté par la France et d’autres acteurs du secteur privé mais aussi associatifs, que je souhaite vous exposer aujourd’hui est en lien direct avec la promotion des femmes dans l’entreprenariat : un plan ambitieux pour développer l’entreprenariat des femmes.  

En 2010 a été fait le constat que, si les femmes représentaient la moitié de la population active française, elles ne représentaient que 30% des créateurs d’entreprise. Pire, elles ne représentaient que 10% des créations d’entreprises innovantes, se centrant plutôt sur des activités de service aux particuliers, de santé, de l’action sociale.

Or, comme les hommes, quasiment un cinquième des femmes souhaitent créer leur entreprise : pour développer une idée, pour créer leur emploi, pour contribuer au rayonnement de leur territoire. Les femmes qui créent ont des entreprises aussi pérennes que les hommes ; ainsi, les entreprises financées par le fond que je vais évoquer dans quelques instants sont 82% à passer le cap des 3 ans.

Notre  gouvernement a donc considéré que cet écart, entre le nombre de créatrices et le nombre de femmes créant effectivement son entreprise était une perte de chance. Il a estimé que l’entreprenariat féminin est à la fois un levier pour la compétitivité et l’emploi, et une source d’émancipation et de liberté pour les femmes. L’entreprenariat des femmes est une source de croissance, car la création d’entreprises contribue au rayonnement de la France et à l’innovation. Il est un facteur de cohésion sociale, parce que l’entreprenariat permet sur le plan individuel une possibilité d’accéder à l’emploi et sur le plan collectif une possibilité de développer des territoires. Il est bien sur une source de liberté et d’émancipation car il permet de rendre réel un projet, et plus prosaïquement de créer son emploi dans une période de crise économique. C’est pourquoi le gouvernement a estimé que toutes les formes d’entreprenariat  des femmes devaient être encouragées.

Ainsi a été lancé en août 2013 un plan pour l’entreprenariat au féminin, qui réunit trois ministères : le Ministères des Droits des femmes, celui de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche, et le ministère de l’Economie, ainsi qu’un établissement financier d’Etat : la Caisse des Dépôts et Consignation. Ces trois ministères se sont fixés un objectif : celui de faire passer le taux de femmes créatrices de 30 en 2010 à 40% en 2017.

Ce plan a été décliné au niveau local  par des signatures dans toutes les régions et à nouveau consolidé en février 2015, par l’ajout d’axes particuliers de développement dans les quartiers prioritaires de la ville, les zones rurales et la reprise d’activité.

Ce plan s’articule autour de trois piliers que je vais développer.

1 / En premier lieu, nous tentons de sensibiliser les femmes, et notamment les jeunes femmes, à l’entreprenariat. Nous leur montrons qu’il est possible pour une femme de créer son entreprise en France, et qu’elle peut ainsi réaliser ses projets, créer son emploi et d’autres.Nous avons créé, pour cela, un site internet : http://www.ellesentreprennent.fr qui offre aux entrepreneures potentielles conseils et référents pour monter leur affaire.Nous réalisons par ailleurs, depuis 3 ans, une semaine de sensibilisation à l’entreprenariat féminin chaque année en mars. Le principe en est simple : dans des collèges, des lycées, des établissements d’enseignement supérieur, des femmes entrepreneures viennent présenter leur parcours à des classes ou lors de forums. Ce projet est co-organisée avec une association française nommée 100 000 entrepreneurs et des réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise, sous l’égide de mon ministère, du ministère de l’économie et de celui de l’éducation nationale. Au départ modeste, cette initiative a permis cette année l’intervention de plus de 400 femmes devant 10 000 jeunes – filles et garçons -. Tous ces jeunes ont pu constater que les femmes également sont susceptibles de parcours réussis dans l’entreprenariat.

2/ En deuxième lieu, nous avons développé des outils de financement spécifique. Comme partout dans le monde, ce sont les banques, publiques ou privées, qui financent les créations d’entreprise. Mais afin de lever des freins potentiels au financement de création par des femmes, nous avons créé un outil spécifique de garantie : le fond de garantie à l’initiative des femmes, géré pour nous par France Active et Initiative France. Ce fond, doté de près de 6 millions d’euros en 2014, permet de garantir 70% d’un prêt dans la limite de 27 000€. En 2015, le montant garanti a même été porté à 45 000 €. Ce mécanisme est d’un excellent rapport : pour une somme de 6 millions, ce sont près de 30 millions d’euros de prêts qui sont garantis. C’est un effet de levier important sur l’activité économique pour un très faible investissement public.

Par ailleurs, ce soutien est très bien accueilli par les banques et les prêteuses : 1863 prêts ont été garantis en 2014, en augmentation incessante.

3/ Enfin, nous soutenons très fortement – financièrement et techniquement – les réseaux d’accompagnement de création d’entreprise.

Ainsi, 14 réseaux ont signé avec mon ministère une convention d’engagement sur l’accompagnement des femmes. Ces réseaux sont pour partie généralistes, pour partie ciblés sur un type d’accompagnement (l’entreprenariat à vocation d’insertion par exemple) ou un type de public (les femmes, les femmes qui créent des entreprises innovantes, les femmes de plus de 45 ans …).
Tous ces réseaux travaillent avec les créatrices potentielles pour les aider à construire leur projet sur la base de leurs idées, à développer leur affaire, ou finalement à consolider leur entreprise.
Cette dimension, les créatrices nous le disent, est particulièrement importante pour la concrétisation de leur projet.Je crois que ce qui est particulièrement intéressant pour cette assemblée dans ce plan réside dans deux de ses caractéristiques : d’une part dans sa forte agilité, et adaptation au contexte local, et d’autre part, dans la dimension très partenariale, tout en restant souple, de son exécution. De mon point de vue, ces deux éléments rendent notre plan particulièrement adaptable à tous les contextes sociaux et économiques, et donc potentiellement transposables à vos pays. En effet, il m’apparaissait essentiel de vous proposer une pratique dont certains aspects sont assez facilement transposables.Laisser moi vous illustrer cette adaptabilité au travers d’un exemple qui me semble emblématique : la semaine de sensibilisation à l’entreprenariat au féminin.Cette semaine est organisée par une association, 100 000 entrepreneurs. L’association, qui accueille 8 permanents à Paris ainsi qu’un nombre très restreint de déléguées régionales, a constitué un partenariat avec des réseaux de femmes entrepreneures : elle dispose ainsi d’un vivier de femmes potentiellement intervenantes sur tout le territoire. Par le truchement de mon ministère, elle entretient des relations privilégiée avec les ministères de l’éducation nationale et de la recherche, qui envoient en début d’année une information sur l’opération à tous leurs correspondants locaux en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ces correspondants relaient l’information auprès de tous les établissements scolaires.

Par la suite, le processus est très simple :

  • Les enseignants sollicitent une intervention en s’inscrivant sur un site internet
  • Les permanents sollicitent les femmes entrepreneures locales pour réaliser les interventions
  • Celles-ci sont formées grâce à un logiciel de e-learning sur le déroulé type d’une intervention. Les entrepreneures volontaires pour intervenir disposent donc d’un cadre de référence commun pour le faire.

Et plus de 400 interventions ont été réalisées en 2015 avec ce dispositif tout simple, ce qui représente un doublement par rapport à l’an passé.

Ce qui me semble tout particulièrement intéressant dans cette semaine de l’entreprenariat au féminin est que :

  • Nous utilisons toutes les énergies, issues des entrepreneures, d’entreprises partenaires, d’associations, de l’administration, pour un dispositif finalement assez simple d’application
  • Nous utilisons les nouvelles technologies pour déployer, à moindre coût, un dispositif sur l’ensemble du territoire. Ainsi, le développement dès 2016 de cette expérience dans nos départements d’outre mer ne pose aucune difficulté particulière : l’administration y est présente, et l’association porteuse sera relayée par les outils numériques qu’elle a créés : logiciel de formation et de matching des interventions.

Comme vous le voyez, cet exemple de partenariat réussi en faveur de l’entreprenariat féminin peut être réalisé sur tous les territoires. C’est un élément qui peut intéressé certains d’entre vous aux territoires vastes ou moins accessibles par exemple.

Pour conclure, je voulais mettre en avant quelques réalisations du plan pour l’entreprenariat au féminin. Nous sommes cependant confiants sur l’évolution du taux de femmes parmi les créateurs d’entreprises, car de nombreux indicateurs favorables nous sont apportés :

  • Ainsi, toutes les régions françaises ont décliné le plan national, les partenaires locaux s’emparant très vivement de cette thématique
  • La semaine pour l’entreprenariat au féminin que je viens d’évoquer ne cesse de croître : chaque année, nous voyons un doublement du nombre d’interventions demandées. Cette semaine répond manifestement à une demande des enseignants et des élèves.
  • Le fond de garantie à l’initiative des femmes est en constante progression ; il est chaque année consommé, ce qui est une manifestation directe de la création d’entreprises par les femmes.

Ainsi, nous avons confiance dans la réalisation de notre objectif, qui est de faire progresser le nombre et le pourcentage de femmes parmi les créateurs d’entreprises à 40% à l’horizon de 2017. Des données disponibles l’an prochain nous permettront j’espère de confirmer ce bon pressentiment.

Je vous remercie de votre attention.

 

 

[1] La Brésilienne, Madame Menicucci