Discours de Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, en ouverture du Forum « Happy Men » le 4 Juin 2015

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Mesdames et messieurs les dirigeants et dirigeantes d’entreprises,
Chers Happy men, chers hommes et femmes engagées au quotidien dans l’égalité et dans la mixité au sein la vie personnelle et professionnelle,

Les femmes et les hommes n’occupent pas la même place sur le marché du travail. Le chiffre de 25% d’écart de rémunération révèle des différences, en matière :
– de recours au temps partiel,
– de type de métiers occupés,
– de types de postes occupés.

Ce système d’inégalités est non seulement injuste, il est aussi négatif pour les entreprises. Les travaux le montrent : ce sont les entreprises mixtes et égalitaires qui sont aussi les plus performantes.

La société dans son ensemble évolue. Ce système d’inégalités est de plus en plus souvent rejeté, non seulement par les femmes, mais aussi par les hommes.

Vous étiez venus l’année dernière, présenter ici même une enquête que vous avez conduite auprès de cadres. Elle soulignait que les hommes, et surtout les plus jeunes, contestent la répartition traditionnelle des rôles sociaux, avec des femmes et des hommes spécialisés, les unes dans les tâches parentales et domestiques, les autres dans l’investissement professionnel.

Ainsi, aujourd’hui, hommes et femmes souhaitent une vie équilibrée, dans le champs professionnel comme dans l’espace personnel.

C’est ce constat qui vous a amené, Monsieur Antoine de Gabrielli et vos collègues à constituer le réseau « Happy Men ».

Et c’est pourquoi je crois également important et utile que les hommes s’investissent dans l’égalité entre les femmes et les hommes.

Toute la politique que je conduis fonctionne sur cette logique, de partage et d’égalité.

Je constate régulièrement dans mes échanges avec mes homologues à l’international à quel point nous sommes sur le bon chemin. Et de fait par exemple, si nous considérons le sujet des quotas : la part de femmes dans nos conseils d’administration, à hauteur de 33 % est nettement supérieure à la moyenne européenne.

Au-delà de la loi, c’est l’engagement des acteurs qui est important, un engagement constructif et partagé. Ainsi par exemple, les plans pour la mixité des métiers que je porte, visent à accroître le nombre de femmes dans les métiers traditionnellement masculins, comme le transport, ou le bâtiment ET à accroître le nombre d’hommes dans les métiers traditionnellement féminins, tels l’accueil des jeunes enfants ou le soin aux plus âgés. Car les femmes peuvent vouloir conduire des bus, et les hommes travailler avec des jeunes enfants.

C’est dans cette approche partagée que nous pouvons réussir à construire une société plus égalitaire.
Votre réseau fonctionne tout à fait sur ce principe.

Sur le plan symbolique, en montrant votre engagement, vous donnez de l’importance à l’égalité professionnelle. Vous donnez de la légitimité aux aspirations d’équilibre des hommes.

Mais aussi, sur le plan pratique, dans vos entreprises, vous bâtissez au quotidien une meilleure organisation pour tous.
C’est pourquoi je suis heureuse aujourd’hui de vous accueillir au ministère, comme je l’avais fait à l’occasion de la publication de votre étude, et d’ouvrir votre journée de réflexion, dont les séquences ont des titres évocateurs, comme « les hommes sont ils en train de changer ? » ou « réussir ensemble ».

Je vous félicite pour votre engagement, et je note que les entreprises qui sont vos partenaires sont souvent connues pour leur mobilisation constante sur ce thème : BNP Paribas, GDF Suez, EDF, la Caisse des Dépôts, Orange, la SNCF, ING Direct qui accompagnent ce réseau utilisent également d’autres voies pour promouvoir les femmes, favoriser la mixité des métiers. Je constate avec plaisir que BETC, connu pour son engagement, mais aussi la maison bleue et la société Ricard, qui participent à vos travaux.

Je vous souhaite une excellente journée, de beaux échanges, et surtout un grand succès dans les actions que vous menez pour l’égalité entre les femmes et les hommes.