Egalité professionnelle, temps partiel subi et précarité : des solutions innovantes pour lutter contre le travail en miettes


La Conférence de Progrès sur le temps partiel subi qui s’est tenue aujourd’hui à Caen a permis de faire un état des lieux de la situation en France. Avec plus de 80% de femmes parmi les salarié(e)s concerné(e)s, le sujet est majeur pour le Ministère des Droits des femmes. Il avait déjà été évoqué dans la grande conférence sociale de juillet dernier. Les partenaires sociaux s’en sont saisis dans leur négociation nationale en cours.

La conférence de progrès organisée aujourd’hui à Caen réunissait experts, partenaires sociaux des secteurs concernés (propreté, commerce et grande distribution…) et services de l’Etat autour d’un objectif : réduire la précarité et les contraintes qui pèsent sur certains salarié(e)s à temps partiel, tout particulièrement celles et ceux dont le volume horaire de travail est faible.

La Ministre des Droits des femmes a rappelé que le temps très partiel était une source de précarité, économique, et dans l’accès aux droits sociaux, les salariés en très petit temps partiel n’ayant pas accès aux indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, aux droits à la formation professionnelle, aux indemnités chômage, ou encore aux régimes de retraite complémentaire. Ces difficultés pèsent sur les niveaux de vie de ces salariés. Sur le long terme cette précarité affecte aussi le niveau des retraites.

« Il faut que le temps partiel ne soit plus synonyme de précarité pour les femmes qui ont recours à cette façon de travailler. Il s’agit notamment de leur faciliter le passage au temps complet, d’améliorer l’amplitude et l’organisation des horaires, de moderniser les outils de travail, de développer la formation et la prévention des risques pour la sécurité et la santé, mais aussi de valoriser les métiers en question afin de permettre des évolutions de carrière, et offrir une perspective de progrès à toutes ces femmes qui veulent mieux concilier leur vie professionnelle, personnelle, familiale  » a précisé la ministre.

A l’occasion de cette conférence de progrès, des solutions innovantes ont été proposées.

L’Etat s’engage ainsi à ce que les prestations de nettoyage de ses marchés publics soient progressivement réalisées en journée, et en horaire continu, pour tenir compte, par exemple, des horaires des transports publics. Une circulaire du Premier ministre sera adressée à l’ensemble des Ministres dans ce sens. Les partenaires sociaux de la propreté travailleront à augmenter pour les salariés la prévisibilité des horaires et à en limiter les amplitudes et les coupures.

Quant au commerce et à la grande distribution, les fédérations d’employeurs se sont engagées à promouvoir et développer les bonnes pratiques permettant de favoriser le passage du temps partiel au temps complet lorsque le salarié le souhaite.