Téléphone Grand Danger

Le Téléphone Grand Danger sur l’ensemble du territoire national


Parmi les mesures annoncées lors de leur déplacement à Evreux, Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, ont insisté sur la généralisation d’un dispositif qui a fait ses preuves pour la protection des femmes victimes de violence : le téléphone d’alerte pour les femmes en très grand danger.

Rappelons qu’en France, une femme meurt tous les deux jours et demi du fait de la violence de son conjoint, concubin ou ex. Chaque année, une femme sur dix est victime de violence. Derrière ces chiffres se cache une réalité insupportable, contre laquelle le gouvernement veut résolument lutter. Le téléphone d’alerte pour les femmes en très grand danger est l’une des réponses qu’il souhaite mettre en œuvre.

Ce téléphone, doté d’un système d’appel direct, permet à des femmes victimes de violences d’être rapidement secourues dans un temps très court, moins de 10 minutes, grâce à une plateforme de régulation chargée d’évaluer le danger, et de mobiliser immédiatement les secours.
Voici le témoignage d’une femme victime de violence, bénéficiaire, à titre expérimental, de ce dispositif : « J’ai trouvé que c’était une très bonne idée, qu’on aurait dû y penser bien avant. (…) C’est un téléphone comme un autre, avec simplement un bouton en plus à droite. Mais ce téléphone, c’est magique, c’est comme avoir toujours un policier sur vous. Si vous vous sentez menacée, vous appuyez sur le bouton, vous pouvez parler à des gens qui vous reconnaissent immédiatement, qui vous posent des questions : «  est-ce que vous êtes chez vous, vous faites vos courses, vous êtes au travail », etc., si vous ne pouvez pas parler devant celui qui vous menace. Alors la police intervient tout de suite, vous êtes sauvée. On a aussi deux ou trois autres numéros, pour  parler avec différentes personnes : un psychologue à SOS Victime, une dame avec qui on peut discuter plus longuement. (…) Maintenant je peux aller voir des amis, faire des courses, sortir. Même ma fille est rassurée de savoir que nous ne sommes plus seules, en danger, qu’on peut être protégées. »

Après son expérimentation dans 4 départements (Seine-Saint-Denis, Bas-Rhin, Paris et Val-d’Oise), la ministre des Droits des femmes a décidé de le généraliser rapidement à l’ensemble du territoire. Cette généralisation est l’une des mesures prochainement inscrites dans le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, que la ministre présentera en conseil des ministres au mois de juin.