Refondation De L'Ecole : Najat Vallaud-Belkacem, Vincent Peillon, George Pau-Langevin

L’Égalité filles-garçons au cœur de la Refondation républicaine de l’Ecole


Parce qu’il n’est pas d’égalité entre les femmes et les hommes qui ne se construise pas au plus tôt dès l’école primaire, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, porte-parole du Gouvernement et Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale ont choisi d’inscrire l’Égalité filles-garçons au cœur du projet de Refondation de l’Ecole de la République. Un choix que les deux ministres ont voulu expliciter lors d’un déplacement dans un lycée professionnel de Seine-et-Marne et à l’occasion d’une tribune intitulée « Pour plus d’égalité entre filles et garçons à l’école », publiée dans le journal Le Monde.

De leur réflexion découle l’inscription dans le projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République de l’éducation à l’égalité dès le plus jeune âge, de l’éducation au respect mutuel et le principe d’une plus grande prise en compte de la mixité des filières de formation dans l’orientation des élèves. Ces principes ont déjà trouvé leur déclinaison concrète dans « la convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif » signée le 7 février 2013 par six ministres et dans la préparation d’une véritable mobilisation pour l’égalité à l’école qui sera au cœur de l’année scolaire 2013-2014.

Retrouvez dans cette animation vidéo les principaux chantiers de la convention interministérielle :


Convention Egalité filles-garçons dans l’Education par droitsdesfemmes

Au-delà de l’engagement personnel des ministres, le travail parlementaire approfondi conduit par les députéEs de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée Nationale, en particulier sa présidente Catherine Coutelle et Maud Olivier, a permis d’enrichir le texte et d’aller plus loin encore dans la prise en compte de l’égalité femmes-hommes.
Cet intense travail parlementaire, qui a emporté l’adhésion du gouvernement, a permis les avancées suivantes :

- le Conseil supérieur des programmes (CSP) et le Conseil national d’évaluation du système éducatif (CNE), ont vu leur indépendance renforcée et leur composition organisée au tour du principe de parité entre les femmes et les hommes. Les parlementaires qui en sont membres seront désignés par les commissions compétentes en matière d’éducation de l’Assemblée nationale et du Sénat.

- la formation dispensée dans les écoles élémentaires assurera les conditions d’une éducation à l’égalité de genre (article 31) ;

- Les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) organiseront des formations de sensibilisation à l’égalité femmes-hommes et à la lutte contre les discriminations (articles 49 et 51)

Le travail parlementaire aussi permis de préciser que « l’information délivrée en matière d’orientation s’attache donc particulièrement à lutter contre les représentations préconçues et sexuées des métiers. » ( amendement de l’article 1er alinéa 187 )

A l’occasion de son intervention en séance publique, la députée Maud Olivier a soutenu les principes d’égalité femmes-hommes inscrits dans la loi ainsi que les avancées du travail parlementaire. Retrouvez ici un extrait de son intervention et sur son blog l’intégralité de sa prise de parole :

« Toutes les études le montrent, les filles réussissent mieux dans les matières scientifiques que les garçons mais reculent devant ce qu’elles pensent être des orientations peu faites pour elles. Cette attitude pèsera lourdement sur leur avenir professionnel, et les privera des métiers les plus valorisants.

Ce texte de loi porte les couleurs de l’égalité avec la mention explicite de l’égalité femmes-hommes dans les valeurs de la République que l’école doit transmettre. Nous avons suivi cette démarche en commission en y ajoutant notamment, dans la formation initiale des enseignants, un module sur l’égalité femmes-hommes, une sensibilisation à la question des orientations sexuées, mais aussi l’enseignement d’une éducation à l’égalité de genre dès le premier degré. Je sais mes chers collègues que ce mot fait peur dans certains rangs. Il n’y a pourtant pas de quoi. Les études de genre veillent à questionner les rôles qui nous sont socialement assignés. Elles expliquent en quoi, au-delà des différences anatomiques évidentes, les inégalités hommes-femmes sont le résultat d’une construction sociale et non le produit d’un quelconque déterminisme biologique.

Nous voudrions évidemment tous croire que l’école de la République, ne fait pas de différence entre les garçons et les filles. Or, ne serait-ce que sur l’orientation, les chiffres ne trompent pas: les filles représentent 10% des élèves de terminale Scientifique, Technique et Industrielle et 79% des élèves de filières littéraires. Faute à pas de chance?

Évidemment non. La société française a toujours du mal à regarder en face les discriminations qu’elle génère. Si notre objectif est de tendre vers l’égalité, alors la loi doit, quand elle le peut, permettre la déconstruction de ces stéréotypes qui destinent encore aujourd’hui les filles et les garçons à des avenirs différents. »

Plus d’information sur le projet de loi de Refondation de l’école de la République sur le site de l’Assemblée Nationale.