L’économie comportementale pour lutter contre les inégalités salariales

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A l’occasion du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes réuni le 28 mai dernier par Najat Vallaud-Belkacem, le Ministère des droits des femmes a présenté la synthèse d’une série de recherches en économie comportementale, qui montrent des comportements différents des hommes et des femmes en situation de négociation ou de compétition. S’il s’agit d’un champ de recherche relativement récent et insuffisamment exploré, ces travaux laissent à penser qu’au-delà de la lutte contre les principaux facteurs d’inégalités salariales (temps partiel, ségrégations des emplois…), des leviers complémentaires pourraient être mobilisés pour favoriser l’égalité sur le marché du travail.

Il apparaît que les femmes négocient moins leur salaire que les hommes, ce qui a des conséquences financières, mais également en termes d’avancement de carrière et de perspectives professionnelles. Plusieurs pistes de réflexion s’offrent alors aux entreprises : la clarification des règles de fixation des salaires (les études montrent que les femmes négocient plus efficacement dans un environnement professionnel transparent en termes d’attentes et d’espérances salariales ; lorsque l’offre d’emploi précise que le salaire est négociable, les femmes négocient autant que les hommes), la formation des manageurs (les femmes qui négocient sont moins bien perçues que les autres, notamment par les hommes) et le renforcement du sentiment de légitimité des femmes (l’évocation d’une identité de genre au cours d’une épreuve de négociation minore la performance des femmes).

Par ailleurs, les études s’accordent à dire que les femmes choisissent moins souvent que les hommes d’entrer dans des univers compétitifs et que cela est lié à leur place dans la société et à la persistance de prescriptions sociales genrées. C’est en ce sens que l’éducation doit permettre aux filles de développer la même confiance en elles que les garçons (43% des femmes et 75% des hommes pensent avoir une performance qui les place dans les 25% de meilleurs pour une tâche donnée). Les mesures de discrimination positive sont utiles : les femmes entrent davantage dans les univers compétitifs, synonymes de prise de responsabilité accrue et de valorisation salariale, lorsqu’elles sont assurées qu’il y aura des femmes parmi les gagnants.