Précarité des familles monoparentales : « sortir de l’impasse »

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Lundi 18 février, l’association K Urgence a tenu un colloque sur les familles monoparentales. A cette
occasion, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, n’a pas manqué de rappeler
l’urgence de la situation : « il faut sortir de l’impasse car la pauvreté en France a un visage qui est
trop souvent celui de ces femmes qui élèvent seules leurs enfants. Une mère vivant seule avec ses
enfants sur trois vit sous le seuil de pauvreté aujourd’hui. »

Un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) publié mardi 19 février est
venu confirmer ce constat alarmant. Il montre que les femmes sont davantage touchées par la
pauvreté surtout quand elles sont seules. En France en 2010, 8,6 millions de personnes avaient un
niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Parmi ces personnes, près de 55% sont des femmes.

Pour répondre à ce problème, la ministre a annoncé travailler à des mesures pour limiter le nombre
de pensions alimentaires impayées, lesquelles contribuent à exposer les femmes élevant seules leurs
enfants à la précarité. « Ces pensions aujourd’hui représentent près d’un cinquième du revenu des familles monoparentales les plus pauvres et l’on sait depuis longtemps qu’une part trop
importante d’entre elles ne sont pas versées », a-t-elle souligné.

Les Caisses d’allocation familiales (CAF) peuvent engager des actions contre les débiteurs
défaillants, « mais je crois qu’il faut aller plus loin parce que le taux de recouvrement global de ces
créances n’est au plus que de 40% », a indiqué Najat Vallaud-Belkacem. La ministre a ainsi évoqué un
renforcement « des voies d’exécution données aux CAF à l’égard du débiteur » ou une amélioration
de la coopération internationale, afin de s’assurer qu’un parent à l’étranger continue de s’acquitter
de ses obligations.

La ministre a aussi souligné que le gouvernement travaillait, dans le cadre d’une réforme de
l’architecture des prestations familiales, à améliorer l’allocation de soutien familial (ASF) que les
CAF versent lorsque les parent isolés – des femmes dans 85 % des cas – ne peuvent compter sur
l’apport d’une pension alimentaire. La ministre a ainsi déclaré être « favorable à une revalorisation
de 25% » de cette allocation. Versée à 720.000 familles, l’ASF s’élève actuellement à 89 euros par
enfant et par mois et couvre 1,1 million d’enfants, pour une dépense annuelle de 1,2 milliard. « Une
revalorisation de 25 % améliorerait en moyenne le revenu de ces familles de 35 euros par mois »,
soulignait Bertrand Fragonard dans son rapport sur la pauvreté remis en décembre.

Ces différentes mesures seront inscrites dans la négociation de la future COG de la CNAF qui sera
conclue entre l’Etat et la branche famille d’ici le début du mois d’avril.

Les familles monoparentales, en constante augmentation, sont parmi les premières victimes de la
crise. Par ces mesures, le gouvernement entend prévenir et accompagner les personnes en situation
de fragilité financière mais aussi améliorer le niveau de vie de ces parents et prendre enfin à bras le
corps la question des pensions alimentaires.