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Violences faites aux femmes : une femme sur trois est concernée


Femmes.gouv.fr | Publié le 25 octobre 2012

Faire reculer le sexisme ordinaire et faire reculer ces violences : un même combat

Deux études viennent d’être publiées cette semaine qui livrent un regard inédit sur l’ampleur et la nature des violences faites aux femmes : l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques a publié aujourd’hui une étude qui confirme l’ampleur des violences faites aux femmes dans notre société ; une autre étude publiée mardi par l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales analyse plus particulièrement les violences infligées aux femmes par leur compagnon ou ex-compagnon.

Ces études nous apprennent notamment qu’une femme sur trois (30%) s’est déclarée victime de violence sur une période de deux ans. Dans la grande majorité des cas, ces violences sont commises par des personnes connues de la victime. Cette proximité a pour corollaire la répétition des violences et une faible propension des femmes qui les endurent à porter plainte (une fois sur 10).

En deux ans, plus de 400 000 femmes ont été victimes de violence conjugale, qu’il s’agisse de violence physique ou sexuelle. La violence conjugale se rencontre dans toutes les classes sociales mais touche plus durement encore les femmes les plus fragiles, jeunes ou en situation de précarité économique.

Les femmes ressentent fortement un sentiment d’insécurité : plus d’une femme sur sept se sent en insécurité dans son quartier et une femme sur dix ne se sent pas toujours en sécurité dans son propre domicile.

Contrairement à une idée trop répandue, les violences faites aux femmes ne sont pas un problème d’ordre privé. Elles interpellent la société toute entière. On ne pourra les faire reculer que si l’on comprend que ces violences sont aussi l’une des conséquences tragiques d’une société où perdurent les comportements sexistes au quotidien. Faire reculer le sexisme et faire reculer les violences est un même combat.

Au-delà des graves violences physiques et sexuelles subies par les femmes, l’étude de l’INSEE révèle en effet l’ampleur des manifestations multiples du sexisme :

- En deux ans, plus d’une femme sur sept a été insultée. Dans plus de la moitié des cas, les injures utilisées sont à caractères sexistes. Les femmes sont également fréquemment invectivées sur leurs manques de compétence. Les femmes ayant au moins un diplôme universitaire sont presque deux fois plus souvent victime d’injures que les femmes sans diplôme.

- plus d’une femme sur vingt a subi des gestes déplacés, par exemple des baisers ou des caresses imposés. Ces violences ne sont que rarement commises dans la rue par des inconnus. Dans la majorité des cas, la victime connait l’agresseur et les gestes déplacés se produisent dans un quart des cas sur son lieu de travail ou d’étude

- plus d’une femme sur vingt a été menacée, la menace étant dans la moitié des cas utilisée comme une arme pour contraindre la femme à effectuer quelque chose.

Ces données heurtent notre conception de la société, dans laquelle les rapports humains sont construits sur le respect, la dignité et l’égalité. Elles confortent notre détermination à adopter une série de mesures de lutte contre les violences sexistes lors du comité interministériel aux droits des femmes qui se tiendra fin novembre.

La création prochaine d’un Observatoire national en charge des violences faites aux femmes permettra à l’avenir un suivi régulier de ces indicateurs.